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L’exercice médiatique a ses obligations dictées
par l’urgence et l’immédiateté.
Pourtant, les « cinq minutes pour la planète »,
succès populaire incontestable, ont connu une tentative
grossière de déstabilisation sur laquelle il
est nécessaire de revenir pour en analyser tous les
ressorts.
Loin de tomber dans les travers que nous dénonçons
régulièrement, et en évitant tout à la
fois les procès d’intention et une paranoïa
hors de propos, Agir pour l’Environnement constate
que les craintes largement propagées par le Réseau
de Transport de l’Electricité de voir le système électrique
français s’effondrer à la suite de l’opération « Cinq
minutes pour la planète » étaient totalement
infondées, et la communication alarmiste de RTE, injustifiée
!
Malgré une mobilisation d’ampleur –plus
de trois millions de personnes, fait sans précédant
pour une mobilisation à vocation écologique,
la consommation électrique n’a « chuté » que
de 800 mégawatts et ne pouvait donc pas produire la
moindre tension entre l’offre et la demande puisque
RTE dispose d’une réserve tournante de 3000
MW. Il eut fallu que l’action associative soit suivie
par plus de dix millions de personnes pour que RTE soit obligé… de
faire appel à la production hydraulique pour combler
un déficit de production ponctuel.
RTE, qui reste mystérieusement silencieux lorsque
la France frôle ou dépasse les 85000 MW, pics
de consommation qui nécessitent le recours aux vieilles
centrales fioul, charbon et gaz, a été nettement
plus prolixe en répandant des inquiétudes infondées,
largement dictées par des impératifs idéologiques.
La maîtrise de l’énergie est un manque à gagner
pour le producteur EDF… maison mère de RTE !
Toute initiative allant en ce sens est donc pas essence suspecte économiquement.
Le Réseau de Transport de l’Electricité, à l’inquiétude
sélective, a également fait part de ses craintes à l’encontre
de l’opération associative, qui se serait traduite
immanquablement par un surcroit de pollution. Emission de
gaz à effet de serre supplémentaire qui aurait été due à un
rebond hypothétique de la consommation électrique à 20h01,
une fois les « cinq minutes pour la planète » terminées.
Cette assertion biaisée s’est également
révélée parfaitement inexacte puisque
de rebond… il n’y a pas eu. Il ne fallait pourtant
pas être un prévisionniste travaillant pour
RTE pour savoir que les citoyens ayant participé aux « cinq
minutes » n’allaient pas se précipiter
sur leurs interrupteurs pour gaspiller ce qu’ils avaient
symboliquement économisé quelques minutes plus
tôt !
Agir pour l'Environnement, déplore
qu’RTE n’ait
pas su se saisir de cette occasion historique pour enfin
se démarquer des objectifs de court terme imposés
par les enjeux de production d’EDF. Force est de constater
que la filialisation de RTE maintient la gestion du réseau électrique
dans le giron d’EDF qui impose le toujours plus de
consommation électrique, quoi qu’il en coûte économiquement, énergétiquement, écologiquement.
RTE, au même titre que l’Ademe,
doit devenir une entité distincte d’EDF afin
d’acquérir
une réelle autonomie stratégique. Cette autonomie
se traduirait immanquablement par une meilleure gestion des
infrastructures passant par une politique préventive
visant à lisser les pics de consommation. A contrario, à chaque
fois qu’EDF pousse aux gaspillages électriques
(au travers de la promotion du chauffage électrique
et de la climatisation), le producteur oblige RTE à surdimensionner
son réseau en pure perte puisqu’inutilisé 99.9%
de l’année.
Malgré cette tentative de manipulation
avortée,
ne boudons notre plaisir. Plus de trois millions de français… sans
doute beaucoup plus, sont prêts à agir pour
l’environnement. Il faut désormais que la puissance
publique prenne la mesure des demandes citoyennes en menant
enfin campagne pour maîtriser l’énergie,
favoriser l’efficacité énergétique,
développer les énergies renouvelables. Contact presse :
Stéphen Kerckhove – Agir pour l'Environnement – Tél.
0140310299 / 0673413062
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