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PARIS (AFP) - La consommation
française d'électricité a
diminué de "l'ordre de 1%" en 2006 sur un
an, une première depuis neuf ans, a indiqué dimanche
soir, André Merlin, président de Réseau
de transport d'électricité (RTE) sur la radio
France Info.
Cette baisse n'est "pas énorme", mais "cela
fait neuf ans que l'on n'avait pas connu une telle évolution
de la consommation", a-t-il souligné.
En tout premier lieu, les conditions climatiques. "Il
n'a pas fait très froid au cours de l'année
2006", a-t-il dit. Or, les Français consomment
davantage d'électricité lorsqu'il fait froid.
M. Merlin a également mis en avant "une baisse
très sensible de la consommation des grands industriels".
Il attribue ce phénomène à "l'augmentation
des prix de l'énergie qui a poussé à faire
des économies mais a aussi provoqué un certain
nombre de délocalisations vers d'autres pays en Europe
et sans doute en dehors de l'Europe".
Selon le président de RTE, on observe depuis 2005
cette baisse de la consommation des grands industriels, "particulièrement
dans trois secteurs: l'automobile, la chimie et le papier-carton
qui sont de gros consommateurs d'électricité".
Interrogé sur l'insistance de la Commission Européenne à aller
plus loin dans le jeu de la concurrence, et qui donc souhaite
briser les liens entre ceux qui transportent l'électricité et
ceux qui la produisent, M. Merlin ne juge pas nécessaire
une cession de RTE par sa maison-mère EDF.
"La France fait plutôt figure de bonne élève
de la classe en ce qui concerne les réseaux. Nous
sommes considérés comme l'un des gestionnaires
de réseau les plus indépendants en Europe",
a-t-il rétorqué.
La Commission veut aller "au-delà d'une simple
séparation juridique", a-t-il relevé. "Notre
position, c'est que si une séparation juridique s'accompagne
d'une indépendance managériale de cette société par
rapport à la société-mère, et
s'il y a des garanties dans la loi -c'est le cas en France-
qui permettent d'assurer cette indépendance, il n'est
pas nécessaire d'aller jusqu'à une séparation
de propriété", a-t-il estimé.
"Nous souhaitons que les propositions qui seront faites
par la Commission soient compatibles avec une bonne sûreté du
fonctionnement du système électrique, ce qui
me paraît essentiel", a-t-il ajouté.
Evoquant la panne gigantesque du 4 novembre dernier plongeant
10 millions d'Européens dans le noir, dont 5 millions
de Français, M. Merlin a précisé qu'un
rapport définitif sur les raisons de la panne serait
rendu fin janvier.
M. Merlin a assuré que tout était fait "pour éviter
qu'un tel incident ne se reproduise mais nous allons définir
des règles encore plus strictes et contraignantes
vis-à-vis de tous les gestionnaires de réseau.
Si ces règles ne sont pas appliquées, il faudra
qu'il y ait des sanctions financières très
importantes, a-t-il dit. "C'est un des objectifs qui
pourrait être annoncé cette semaine lors de
la présentation du +paquet énergie+ par la
Commission européenne".
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