| Les conclusions d'une
étude menée grandeur nature en Grande-Bretagne
relance le débat sur les OGM. Les cultures transgéniques
de betterave et de colza affectent l'équilibre naturel
et mettent en danger certaines espèces animales. Un rapport
officiel britannique, publié jeudi 16 octobre, montre
que certaines cultures d'organismes transgéniques nuisent
à l'environnement. Le document reprend les conclusions
d'une étude menée depuis trois ans sur une soixantaine
de sites en Grande-Bretagne à l'initiative du gouvernement
de Tony Blair.
Des cultures transgéniques de maïs, de colza et de betterave à
sucre ont été réalisées au côté
de cultures traditionnelles équivalentes. Les graines
transgéniques avaient été modifiées
afin de tolérer les herbicides.
L'objectif de ces tests, présentés comme les
plus importants jamais menés dans le monde, était
d'évaluer l'impact des OGM sur la faune et la flore.
Selon le rapport, les cultures transgéniques de betterave
et de colza causent plus de dommages à la nature que
leurs équivalents non OGM. Les organismes en question,
en bouleversant l'équilibre naturel de la parcelle,
mettent notamment en danger certaines espèces animales
comme les abeilles ou les papillons. Selon le docteur Les
Firbank, responsable de l'étude, la poursuite des tests
aurait conduit à une dégradation des graines,
importantes sources de nourriture pour les oiseaux. Le maïs
transgénique serait, lui, moins nocif pour l'environnement
que son équivalent non modifié. La présence
de mauvaises herbes, à la base de l'alimentation de
certains insectes et oiseaux, y serait notamment accrue.
Alors que la mise en culture des parcelles OGM avaient été
fortement critiquée par les associations de défense
de l'environnement, le rapport qui en résulte a, lui,
été bien accueilli. Les associations y voient
la preuve de la dangerosité des cultures OGM.
LE DÉBAT SUR LES OGM RELANCÉ
Selon Stephen Tindal, porte-parole de Greenpeace en Grande-Bretagne,
"même dans le cadre de leur domaine d'étude
limité, [ces tests] montrent clairement que les bénéfices
supposés des OGM n'existent pas", contrairement
aux affirmations des fabricants d'OGM. Concernant les résultats
plus positifs obtenus par le maïs transgénique,
Patrick Holden, le responsable de Soil Association, une association
qui milite pour l'agriculture biologique, a prévenu
qu'il "entraîne facilement des contaminations croisées
à cause du
vent".
Ce rapport n'est pas le premier a mettre en garde les autorités
sur les dangers liés aux OGM. En juillet, un premier
rapport sur l'impact économique d'un éventuel
feu vert aux OGM avait déjà mis en évidence
que les bénéfices à court terme seraient
limités. Une enquête, synthèse d'une série
de débats menés cet été dans tout
le pays, avait également révélé,
fin septembre, la réticence, voire la franche hostilité
d'une écrasante majorité de Britanniques face
aux OGM. Sur les 37 000 interrogés, 54 % s'étaient
déclarés très hostiles à l'exploitation
de cultures transgéniques au Royaume-Uni.
Fortes de ces documents, les associations de défense
de l'environnement demandent au gouvernement d'interdire la
culture d'OGM, au moins le temps que des recherches soient
menées sur leur impact à long terme. Elles invitent
également le premier ministre à clarifier sa
position. Tony Blair doit se prononcer sur la question dans
les mois à venir.
Avec AFP
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