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Un rapport accablant pour les farines animales et les OGM
Sécurité alimentaire Le député
PS Daniel Chevallier plaidera à l'Assemblée
" pour l'application du principe de précaution
"
Bannir provisoirement toutes les farines animales et tous
les OGM (organismes génétiquement modifiés),
mais aussi traquer implacablement la listeria jusqu'au domicile
des Français. Pour Daniel Chevallier, député
PS des Hautes-Alpes et rapporteur de la commission de l'Assemblée
nationale sur " la transparence et la sécurité
de la filière alimentaire en France ", c'est notamment
à cette double condition que " la qualité
des produits français pourra se maintenir à
l'un des meilleurs niveaux mondiaux ". Cela, il le plaide
dans son rapport, qu'il va soumettre, le 22 mars, à
ladite commission, qui a été créée
le 7 octobre dernier.
Professeur de physiologie cellulaire végétale
à l'Université de Grenoble, Daniel Chevallier,
56 ans, propose des mesures contraignantes à chacune
des étapes de la chaîne alimentaire. Au stade
des éléments introduits dans la phase précédant
la production, il s'oriente d'abord " vers un processus
d'interdiction générale des farines animales,
avec toutes les conséquences que cela suppose, notamment
sur les viandes d'animaux d'importation ". Comme on le
sait, les farines animales peuvent transmettre l'ESB (encéphalopathie
spongiforme bovine ou maladie de la vache folle).
En France, elles sont aujourd'hui proscrites uniquement dans
la nourriture des bovins, ovins et caprins. Selon le député,
il faudrait donc les proscrire aussi pour les porcins, la
volaille et les poissons d'élevage. Quant aux boues
de stations d'épurations -qui servent d'engrais-, "
elles ne doivent désormais être utilisées
que si elles sont inoffensives ", ce qui nécessite
de procéder à leur " classification "
(" sans risque ", " à risques moyens
", ou, pour celles contenant des métaux lourds
et pesticides, " à hauts risques ").
En ce qui concerne les OGM, qui peuvent entrer dans l'alimentation
aussi bien des hommes que des animaux, Daniel Chevallier adopte
une position également transchée. " L'attitude
consistant, comme le demande une directive européenne,
à porter une étiquette informative sur les produits
contenant plus de 1% d'OGM n'est pas satisfaisante, explique-t-il.
Ou les OGM sont dangereux et il faut les interdire, ou ils
ne le sont pas et il faut les autoriser. Compte tenu du doute
qui demeure sur cette question, je milite dans un premier
temps pour l'application du principe de précaution
dans son intégralité (à savoir l'interdiction
générale des OGM) et pour un important programme
de recherche sur les risques encourus par des aliments ainsi
enrichis. "
Un recours systématique à la pastille fraîcheur
Le rapporteur souligne, par ailleurs, " le besoin de
préciser les qualifications et compétences exigées
des experts " qui interviennent dans la phase de contrôle
des produits. Au niveau de la distribution, Daniel Chevallier
est favorable au recours systématique à la pastille
fraîcheur : apposée en remplacement de la date
limite de consommation, elle avertit le consommateur -grâce
à un changement de sa coloration- quand le produit
est devenu impropre à la consommation.
Le député ne réserve toutefois pas ses
propositions aux seuls grands de la production ou de la distribution.
Il estime que " les petites unités doivent également
faire des efforts en matière d'hygiène grâce
à des aides de l'Etat ". " C'est indispensable,
argumente-t-il, à la défense des produits français
de terroir dans le commerce mondial. "
En bout de chaîne, si le consommateur a droit à
la qualité, il a aussi -Daniel Chevallier n'hésite
pas à la dire- " le devoir de ne pas se comporter
avec insouciance ". " Parce que leur entretien régulier
(une fois par mois) n'est pas assuré, les réfrigérateurs
domestiques sont à l'origine des contaminations les
plus importantes ", affirme le député des
Hautes-Alpes qui souligne que " la listeria se développe
à + 4 degrés ". Aussi, souhaite-t-il que
soit lancée " une campagne d'information du public
", incluant notions d'hygiène et (" c'est
en outre important pour la santé ") d'équilibre
nutritionnel.
L'information en matière de sécurité
alimentaire est, selon Daniel Chevallier, un véritable
enjeu. Estimant que les médias ont jusqu'à présent
plutôt provoqué "l'affolement " dans
ce domaine, il propose en outre, que l'administration se donne
les moyens de diffuser, lorsque la qualité de produits
est dénigrée, " une information crédible
et en temps réel ". Selon le rapporteur, en effet,
" la confiance des consommateurs est essentielle, même
si le zéro-risque évidemment n'existe pas ".
Enfin, Daniel Chevallier, recommande " une limitation
des mises en cause irrationnelles des productions en raison
notamment des graves conséquences qui en découlent
au plan commercial et économique ".
On l'imagine, toutes ces propositions ont un coût élevé
: " des centaines de millions de francs. " Mais
le rapporteur enfonce le clou : " c'est le prix à
payer pour obtenir une filière à l'abri de tout
soupçon. "
Antoine Fouchet
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