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Le camouflet est historique. "Depuis le début
du développement des plantes transgéniques,
on n'a jamais observé pareille contestation",
lâche à Waschington Tioyhy Galvin, l'un des responsables
de l'USDA, l'équivalent américains du ministère
de l'agriculture. Voilà un mois, son ministre, Dan
Glickman, a jeté l'éponge. En réponse
à plus de 200.000 courriers de protestation, il a renoncé
à son projet d'intéger, à la liste nationale
des ingrédients autorisés pour produire des
aliments biologiques, des organismes génétiquement
modifiés (OGM) traités par irradiation ou fertilisés
avec des boues de déchets agricoles.
Une telle réaction apparaîtrait comme presque
anodine en Europe. Aux Etats-Unis, elle semble assez incongrue.
D'autant qu'à cette fronde des consommateurs bio se
sont joints quelques douzaines de membres du Congrès.
Pis, le chantre des biotechnologies agricoles lui-même,
la compagnie Monsanto, a enjoint par courrier le ministre
de surseoir de trois ans à sa proposition...
"Trop tôt ! L'opinion américaine n'est
pas prête", constate Gary Barton, porte-parole
de la firme dr St Louis (Missouri). Il fait toutefois remarquer
que les OGM concernés au premier chef sont des plantes
qui synthétisent la même toxine que celle utilisée
par les cultivateurs bio : l'insecticide d'origine bactérienne
Bt. "Il vaut sans doute mieux démontrer les avantages
écologistes des plantes transgéniques, qui réduisent
considérablement l'usage des pestices chimiques, pour
prouver que notre concept agricole n'est pas si éloigné
de celui de l'agricultre bio", ajoute-t-il.
Un échec gouvernemantal
A l'orgine, la proposition ministérielle visait seulement
à doter l'agricultre biologique d'un statut national
et d'un cahier des charges conforme aux exigences internationales,
afin de favoriser les exportations. Mais le gouvernement a
tenté de faire d'une pierre deux coups, en utilisant
le label prestigieux de "biologique" pour mieux
vendre au reste du monde ses maïs, sojas et ses colzas
manipulés. Avec la perspective d'imposer dans la foulée
le label "bio" pour certains OGM au Codex Alimentarius,
qui est en quelque sorte le bureau international des normes
alimentaires. Ce pari à haut risque a échoué.
Car, ici comme ailleurs, les consommateurs bio refusent de
manger tout produit qui n'existe pas à l'état
naturel. "En ce qui concerne le pesticide Bt, je le pulvérise
seulement de temps à autre sur du sainfoin, lorsque
les labours, les rotations de cultures ou les insectes naturellement
présents n'ont pas réussi à éliminer
certains ravageurs. Mais le fait qu'une plante synthétise
en continu une toxine Bt risque de rendre ces ravageurs résistants
au produits. Nous ne disposerions plus dans ce cas de pesticide
naturel pour défendre nos cultures", explique
Jim Durst, qui cultive des fruits et des légumes bio
près de Sacramento (Californie).
En fait, plus q'une lame de fonf contre les plantes transgéniques,
cette bataille manifeste plutôt une nouvelle exigence
de qualité. Du moins chez une partie des consommateurs
américains. En témoigne le succès spectaculaire
de plusieurs chaines de magasins de produits naturels, comme
Fresh Fields. Les ventes de produits bio, qui ont dépassé
l'an dernier 21 milliards de francs, connaissent un taux de
croissance annuel de 20%.
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