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La valse de l'offensive OGM marquerait-elle une pause ? Une
majorité des Quinze ont réaffirmé hier
leur réticence à la levée rapide du moratoire
anti-OGM imposé depuis 1998. Aucune autorisation pour
de nouveaux OGM ne devrait donc se faire avant un an. C'est-à-dire
pas avant «l'entrée en vigueur des réglementations
sur la traçabilité et l'étiquetage des
OGM décidée en décembre 2002»,
a assuré Renate Künast, ministre de l'Agriculture
allemande, à l'occasion d'une réunion hier à
Bruxelles avec ses homologues européens.
Forcing.
Mais dans le même temps, la Commission s'impatiente.
«Je crois vraiment qu'il est maintenant temps d'avancer»,
a martelé David Byrne, commissaire européen
à la Santé et à la Protection du consommateur.
Reste que la question, essentielle, de la contamination des
semences traditionnelles ou bio par les OGM n'est toujours
pas réglée. Et pour les environnementalistes,
malgré les réticences de 70 % des Européens
face à la «Frankenstein food», les firmes
de biotechnologies multiplient les forcings. «Pas moins
de dix demandes d'autorisation viennent d'être déposées
en Espagne, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne», s'alarment
les Amis de la Terre.
De leur côté, les Etats-Unis auraient renoncé
à porter le différend devant l'OMC. «La
décision a été prise à un haut
niveau du gouvernement», a dit hier Peter Kurz, ministre
conseiller américain pour les Affaires agricoles. Pourquoi
? Parce que les Etats-Unis n'ont «pas besoin de nouveaux
points de frictions commerciaux». Des subventions agricoles
à la libéralisation des services, en passant
par les médicaments génériques, la coupe
est presque pleine. Inutile d'en rajouter au moment où
la question irakienne provoque une fracture transatlantique.
Braise.
La menace américaine de saisir l'OMC n'a, certes, jamais
mis Bruxelles en émoi. «Des rodomontades»,
confiait récemment Pascal Lamy, commissaire européen
au Commerce. Mais la passe d'armes entre l'Europe et les Etats-Unis
sur l'aide alimentaire en Afrique avait attisé la braise.
Et, pressé par un lobby biotech' très influent
au Congrès, l'homologue américain de Lamy, Robert
Zoellick, milite pour croiser le fer devant l'OMC. Mais la
Maison Blanche et le département d'Etat estiment que
l'heure n'est pas encore venue.
(1) Malgré une famine annoncée, la Zambie a
refusé en octobre dernier d'accepter 26 000 tonnes
de maïs américain. Une position appuyée
par l'Union européenne.
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