BRUXELLES, 20 fév (AFP) - Une forte proportion d'Etats
membres de l'UE ont marqué jeudi à Bruxelles des
réticences à lever le moratoire sur les autorisations
de nouveaux organismes génétiquement modifiés
(OGM) avant l'entrée en vigueur des nouvelles réglementations
européennes sur la traçabilité et l'étiquetage
des OGM.
"L'Allemagne part du principe que le moratoire ne sera
levé qu'une fois que les règlementations sur la
traçabilité et l'étiquetage seront en vigueur",
a déclaré à la presse la ministre allemande
de l'Agriculture, l'écologiste Renate Kuenast, en marge
d'une réunion avec ses homologues des Quinze. Selon une
source européenne, des avis plus ou moins proches ont
été exprimés notamment par la France, l'Autriche,
la Belgique, le Luxembourg et la Grèce, qui assure la
présidence tournante de l'Union.
L'UE est soumise de longue date à une intense pression
des Etats-Unis pour lever le moratoire imposé depuis
1999 aux autorisations de nouveaux OGM, qui s'est encore accrue
après l'adoption par les Quinze en novembre et décembre
derniers de deux "paquets" législatifs sur
la traçabilité et l'étiquetage des OGM.
Mais ces deux réglementations doivent encore recevoir
l'aval en seconde lecture du Parlement européen. Elles
ne devraient donc pas pouvoir être appliquées dans
les Etats membres avant "environ un an", a estimé
jeudi Mme Kuenast, partageant un avis déjà émis
fin 2002 par la ministre française de l'Ecologie Roselyne
Bachelot.
De son côté, le commissaire européen à
la Santé et la protection des consommateurs, David Byrne,
a réitéré jeudi sa conviction de la nécessité
d'une levée du moratoire.
"Je crois vraiment qu'il est maintenant temps d'avancer",
a-t-il déclaré devant la presse, indiquant attendre
pour le mois de juillet la décision du Parlement européen.
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