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Ostwind va réaliser dans le Pas-de-Calais le plus grand
parc éolien de France.
L'éolien représente « au moins 60 % »
de l'objectif d'accroissement de l'électricité
renouvelable.
Pas plus tard qu'hier, Ostwind International France, dont
le siège est à Mulhouse (Haut-Rhin), a annoncé
qu'elle allait réaliser dans le Pas-de-Calais le plus
grand parc éolien de France. Le projet consiste à
implanter 117 éoliennes, d'une puissance totale de
150 mégawatts, pour alimenter en électricité
les 100.000 foyers de la communauté de communes de
Fruges. Cet investissement de 150 millions d'euros sera réparti
sur les 15 communes de la communauté.
Le parc doit être installé d'ici à 2004.
Ostwind a assuré les élus locaux qu'elle comptait
réaliser « une étude minutieuse »
pour garantir « le respect de la protection de la nature
et de l'environnement » et réduire le bruit.
Jusqu'à présent, Ostwind, qui n'a que deux ans
d'existence, n'a construit aucun parc éolien dans l'Hexagone.
Mais sa maison mère allemande, Ostwind International,
a installé une vingtaine de parcs outre-Rhin, en Chine
et en Croatie.
L'exemple de Fruges n'est pas isolé. On recense aujourd'hui
une dizaine de projets de parcs éoliens à l'étude
dans l'Hexagone. L'application de la directive européenne
sur l'électricité produite à partir de
sources d'énergie renouvelables prévoit que
la part d'électricité d'origine renouvelable
devra couvrir 21 % de la consommation en France à l'horizon
2015, contre 15 % en 1997. Pour l'instant, l'essentiel de
cette électricité renouvelable provient des
barrages.
Défigurer des lieux. Les scénarios de consommation
en 2010 élaborés par RTE pour la métropole
et par EDF pour les départements d'outre-mer suppose
un effort d'investissement énorme pour que soit respectée
la directive européenne. Il faudrait réaliser
« en dix ans un effort équivalent à la
moitié de celui consenti au cours des XIXe et XXe siècles
réunis pour l'équipement hydraulique »,
estime le rapport sur la programmation pluriannuelle des investissements
de production (voir ci-contre).
L'éolien est appelé à connaître
une « forte montée en régime »,
estime le rapport. Il devrait représenter « au
moins 60 % » de l'objectif d'accroissement de l'électricité
renouvelable. Ce qui ne va pas sans poser toute une série
de problèmes. A commencer par le refus de beaucoup
de personnes de voir défigurer des lieux peu habités
et relativement préservés, car fortement ventés.
Un projet de parc éolien sur le plateau du Larzac a
suscité, en 2000, une opposition farouche. Autre inconvénient
majeur, selon le rapport, le développement de l'énergie
éolienne en Languedoc-Roussillon, Bretagne, Midi-Pyrénées
et Nord-Pas-de-Calais nécessiterait un renforcement
du réseau de transport de l'électricité.
Autrement dit, il faudrait construire de nouvelles lignes
à haute tension. Ce qui suppose autant d'enquêtes
publiques avant l'obtention des nécessaires permis
de construire. Ce qui est loin d'être acquis. RTE, qui
défend actuellement un projet de ligne à très
haute tension à travers le parc naturel régional
de Brière, est bien placé pour le savoir...
Pascal Gateaud
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