L'éolien appelé à connaître une « forte montée en régime »
La Tribune - 29 janvier 2002


Ostwind va réaliser dans le Pas-de-Calais le plus grand parc éolien de France.

L'éolien représente « au moins 60 % » de l'objectif d'accroissement de l'électricité renouvelable.

Pas plus tard qu'hier, Ostwind International France, dont le siège est à Mulhouse (Haut-Rhin), a annoncé qu'elle allait réaliser dans le Pas-de-Calais le plus grand parc éolien de France. Le projet consiste à implanter 117 éoliennes, d'une puissance totale de 150 mégawatts, pour alimenter en électricité les 100.000 foyers de la communauté de communes de Fruges. Cet investissement de 150 millions d'euros sera réparti sur les 15 communes de la communauté.

Le parc doit être installé d'ici à 2004. Ostwind a assuré les élus locaux qu'elle comptait réaliser « une étude minutieuse » pour garantir « le respect de la protection de la nature et de l'environnement » et réduire le bruit. Jusqu'à présent, Ostwind, qui n'a que deux ans d'existence, n'a construit aucun parc éolien dans l'Hexagone. Mais sa maison mère allemande, Ostwind International, a installé une vingtaine de parcs outre-Rhin, en Chine et en Croatie.

L'exemple de Fruges n'est pas isolé. On recense aujourd'hui une dizaine de projets de parcs éoliens à l'étude dans l'Hexagone. L'application de la directive européenne sur l'électricité produite à partir de sources d'énergie renouvelables prévoit que la part d'électricité d'origine renouvelable devra couvrir 21 % de la consommation en France à l'horizon 2015, contre 15 % en 1997. Pour l'instant, l'essentiel de cette électricité renouvelable provient des barrages.

Défigurer des lieux. Les scénarios de consommation en 2010 élaborés par RTE pour la métropole et par EDF pour les départements d'outre-mer suppose un effort d'investissement énorme pour que soit respectée la directive européenne. Il faudrait réaliser « en dix ans un effort équivalent à la moitié de celui consenti au cours des XIXe et XXe siècles réunis pour l'équipement hydraulique », estime le rapport sur la programmation pluriannuelle des investissements de production (voir ci-contre).

L'éolien est appelé à connaître une « forte montée en régime », estime le rapport. Il devrait représenter « au moins 60 % » de l'objectif d'accroissement de l'électricité renouvelable. Ce qui ne va pas sans poser toute une série de problèmes. A commencer par le refus de beaucoup de personnes de voir défigurer des lieux peu habités et relativement préservés, car fortement ventés. Un projet de parc éolien sur le plateau du Larzac a suscité, en 2000, une opposition farouche. Autre inconvénient majeur, selon le rapport, le développement de l'énergie éolienne en Languedoc-Roussillon, Bretagne, Midi-Pyrénées et Nord-Pas-de-Calais nécessiterait un renforcement du réseau de transport de l'électricité. Autrement dit, il faudrait construire de nouvelles lignes à haute tension. Ce qui suppose autant d'enquêtes publiques avant l'obtention des nécessaires permis de construire. Ce qui est loin d'être acquis. RTE, qui défend actuellement un projet de ligne à très haute tension à travers le parc naturel régional de Brière, est bien placé pour le savoir...

Pascal Gateaud

 

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