|
Nicole Fontaine présentait hier le calendrier des rencontres
qui débuteront à Paris le 18 mars prochain.
Cela les titillait déjà depuis plusieurs semaines.
Hier, les associations écologistes (1) ont profité
de la présentation par la ministre déléguée
à l'Industrie, Nicole Fontaine, du " débat
national sur les énergies " (2) pour franchir
le pas et annoncer qu'elles " claquaient la porte ".
Alors qu'elles avaient participé depuis le début,
" et avec toute la bonne volonté possible ",
à la préparation de ces rencontres, les associations
ont hier fait le constat qu'elles avaient certes " été
écoutées, mais pas entendues ". Dans un
communiqué, elles précisent qu'elles "
espéraient une modification en profondeur du format
de ce débat, ce qui, à quelques jours de la
première journée, ne se révèle
pas être le cas ". Leur principale source d'inquiétude
: le respect du pluralisme. Censé être assuré
par un comité consultatif composé de 69 membres,
il serait, selon les associations, fortement remis en cause.
" Nous avons participé activement à ce
comité consultatif, en proposant, en questionnant,
explique Edouard Toulouse, de France Nature Environnement.
Mais avec des réunions plénières de soixante
personnes, sans ordre du jour ni compte rendu, ça ne
fonctionne pas. On ne connaît même pas le programme
ni les intervenants du premier forum du 18 mars ! Jusqu'à
aujourd'hui, la seule preuve de ce respect du pluralisme tenait
dans notre présence au sein du comité consultatif.
Nous refusons d'être la caution du pluralisme. Donc,
nous partons.
" Nicole Fontaine a précisé qu'elle avait
reçu récemment ces associations, que l'entretien
s'était bien passé et qu'elle n'était
pas au courant d'une quelconque décision. La ministre
en a même profité pour critiquer le débat
alternatif (3) organisé par ces associations depuis
le 25 février. " Il n'y avait à la tribune
que des personnes du même bord. J'en exprime le regret
et j'espère qu'ils vont y remédier ", a-t-elle
ajouté, non sans malice. En toile de fond de ces joutes,
il y a, bien sûr, l'éventuelle - mais est-elle
encore vraiment en débat ? - relance d'un programme
nucléaire. Prévu en 2020, l'arrêt des
premiers réacteurs du parc actuel appelle en effet
une décision rapide. Le gouvernement doit produire
d'ici la fin de l'année sa loi d'orientation sur l'énergie.
Ce sera l'heure des choix.
Alexandre Fache
(1) Agir pour l'environnement, France Nature Environnement,
Greenpeace, Réseau Action Climat et le WWF.
(2) www.debat-energie.gouv.fr
(3) www.vrai-debat.org
|