Les associations se retirent du débat sur l'énergie Energie
L'Humanité - 5 mars 2003


Nicole Fontaine présentait hier le calendrier des rencontres qui débuteront à Paris le 18 mars prochain. Cela les titillait déjà depuis plusieurs semaines. Hier, les associations écologistes (1) ont profité de la présentation par la ministre déléguée à l'Industrie, Nicole Fontaine, du " débat national sur les énergies " (2) pour franchir le pas et annoncer qu'elles " claquaient la porte ". Alors qu'elles avaient participé depuis le début, " et avec toute la bonne volonté possible ", à la préparation de ces rencontres, les associations ont hier fait le constat qu'elles avaient certes " été écoutées, mais pas entendues ". Dans un communiqué, elles précisent qu'elles " espéraient une modification en profondeur du format de ce débat, ce qui, à quelques jours de la première journée, ne se révèle pas être le cas ". Leur principale source d'inquiétude : le respect du pluralisme. Censé être assuré par un comité consultatif composé de 69 membres, il serait, selon les associations, fortement remis en cause. " Nous avons participé activement à ce comité consultatif, en proposant, en questionnant, explique Edouard Toulouse, de France Nature Environnement. Mais avec des réunions plénières de soixante personnes, sans ordre du jour ni compte rendu, ça ne fonctionne pas. On ne connaît même pas le programme ni les intervenants du premier forum du 18 mars ! Jusqu'à aujourd'hui, la seule preuve de ce respect du pluralisme tenait dans notre présence au sein du comité consultatif. Nous refusons d'être la caution du pluralisme. Donc, nous partons.

" Nicole Fontaine a précisé qu'elle avait reçu récemment ces associations, que l'entretien s'était bien passé et qu'elle n'était pas au courant d'une quelconque décision. La ministre en a même profité pour critiquer le débat alternatif (3) organisé par ces associations depuis le 25 février. " Il n'y avait à la tribune que des personnes du même bord. J'en exprime le regret et j'espère qu'ils vont y remédier ", a-t-elle ajouté, non sans malice. En toile de fond de ces joutes, il y a, bien sûr, l'éventuelle - mais est-elle encore vraiment en débat ? - relance d'un programme nucléaire. Prévu en 2020, l'arrêt des premiers réacteurs du parc actuel appelle en effet une décision rapide. Le gouvernement doit produire d'ici la fin de l'année sa loi d'orientation sur l'énergie. Ce sera l'heure des choix.

Alexandre Fache

(1) Agir pour l'environnement, France Nature Environnement, Greenpeace, Réseau Action Climat et le WWF.
(2) www.debat-energie.gouv.fr
(3) www.vrai-debat.org

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