Les députés belges ont voté l'abandon du nucléaire d'ici à 2025
AFP - 6 décembre 2002


BRUXELLES, 6 déc (AFP) - La Chambre des Représentants (chambre basse du parlement belge) a approuvé vendredi matin un projet de loi prévoyant la fermeture progressive entre 2015 et 2025 des sept centrales nucléaires en Belgique.

"Sauf accident politique majeur", l'adoption par le Sénat (chambre haute du parlement) dans les prochaines semaines "ne posera pas de problèmes", selon un porte-parole du secrétaire d'Etat à l'Energie, Olivier Deleuze.

Ce texte, dont les grandes lignes figuraient dans l'accord de gouvernement de juillet 1999 qui a porté au pouvoir la coalition "arc-en-ciel" (libérale-socialiste-écologiste), prévoit que "les centrales nucléaires seront démantelées dès qu'elles auront atteint l'âge de 40 ans".

Ainsi, les premières centrales seront fermées "dès février 2015, les dernières en 2025", selon un communiqué de M. Deleuze diffusé vendredi.

Le projet de loi prévoit toutefois que le gouvernement belge pourra, d'ici au démantèlement des centrales, prendre des "mesures appropriées" si l'approvisionnement du pays était menacé, mais "sans remettre en cause le principe de l'abandon du nucléaire", selon M. Deleuze.

Ce n'est qu'en cas de "force majeure" qu'un maintien du nucléaire pourra être envisagé par le gouvernement. Ni les producteurs d'électricité, ni les exploitants du réseau, ni les distributeurs ne pourront invoquer cet argument en vue de différer les fermetures.

Selon le secrétaire d'Etat à l'Energie, l'abandon du nucléaire, qui fournit actuellement quelque 60% de l'électricité produite en Belgique, "n'aura aucune influence sur le prix de l'électricité", grâce à la prochaine libéralisation du marché européen de l'électricité.

De même, M. Deleuze affirme que "l'effort exigé pour le respect par la Belgique du Protocole de Kyoto contre le réchauffement climatique ne sera que marginalement influencé par la sortie du nucléaire puisque la production d'électricité représente moins de 15% des rejets totaux de gaz à effet de serre".

Des incitations fiscales seront mises en place au cours des prochaines années pour promouvoir l'investissement dans des énergies alternatives. Certaines mesures ont déjà été prises au niveau régional. Les producteurs d'électricité utilisant des méthodes "vertes" se sont vu garantir un accès au réseau à un prix suffisamment élevé pour que leur activité soit rentable, a-t-on expliqué au cabinet de M. Deleuze.

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