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Interview d'André Antolini, entrepreneur et représentant
du lobby pro-éolien
Par Nicolas CORI
Le mercredi 03 avril 2002 André Antolini est le président
du Syndicat des énergies renouvelables et directeur
général de SIIF énergies, une entreprise
spécialisée dans l'éolien, partenaire
d'EDF. Ancien président de la Fédération
nationale des promoteurs-constructeurs (FNPC), il symbolise
cette nouvelle génération de promoteurs de l'éolien,
pas vraiment écolo mais qui mise sur le développement
économique et financier de cette nouvelle industrie.
Alors, ça y est. L'industrie de l'éolien
a démarré en France ?
Pas encore. Le système de tarifs de rachat a été
fixé l'année dernière par le gouvernement.
Les projets de construction de parcs d'éoliennes sont
nombreux. On en a identifié au moins 700, ce qui représenterait
10 000 mégawatts de capacité. C'est un bon chiffre,
qui montre que les industriels ont relevé le défi.
Mais, pour l'instant, tout le monde est scotché car
les préfets, qui doivent donner leur accord, n'ont
pas encore examiné ces projets. Ils attendent les instructions
du ministère, qui prend son temps. Mais si Christian
Pierret (ministre de l'Industrie, ndlr) tient ses promesses,
une circulaire devrait être rédigée très
prochainement.
Va-t-on faire fortune avec l'éolien ?
Les rumeurs les plus folles courent à ce sujet. Comme
on parle de centrales off-shore, c'est-à-dire de parcs
éoliens en pleine mer, certains ont cru entendre «centres
off-shore» comme aux Bahamas ou aux îles Caïman.
Et ils ont pensé qu'il y avait plein d'argent sale
à recycler. C'est n'importe quoi. Il est vrai que l'éolien
n'est pas un métier difficile en termes commerciaux,
puisque le courant produit sera racheté automatiquement
à un prix connu à l'avance. La technologie est
de plus parfaitement maîtrisée. Mais il ne faut
pas croire ceux qui disent qu'on va se remplir les poches
facilement. Le risque climatique existe. S'il y a deux ou
trois années sans vents, il va falloir rembourser les
emprunts faits aux banques avec son propre argent.
La Commission de régulation de l'électricité
(CRE) estime que le système de subventions à
travers les tarifs de rachat va conduire à des rentes
indues pour les producteurs...
La CRE n'est pas spécialiste du financement de projets.
Et ses calculs ne reposent sur rien de sérieux. Nous
estimons le rendement des projets de l'ordre de 7 % à
13 %. Ce n'est pas une rente indue.
De plus, le système d'aide est prévu pour quinze
ans. Après, on ne sait pas ce qui va se passer... Toujours
selon la CRE, le développement de l'éolien devrait
augmenter le prix du courant pour les consommateurs. Non,
ou à peine. D'ici à 2010, comme les besoins
en électricité vont augmenter, on aura besoin
de construire de nouvelles centrales. On ne peut le faire
qu'avec l'éolien ou des centrales à turbine
à gaz combiné. Selon nos estimations, le surcoût
des parcs éoliens est seulement supérieur de
1 % par rapport aux centrales à gaz. Et ces dernières
produisent du CO2 et contribuent à l'effet de serre.
Je ne comprends donc pas l'acharnement de la CRE et de son
président Jean Syrota à s'attaquer comme ça
à une industrie nouvelle. On nous reproche des coûts
qui sont encore virtuels.
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