|
Sécurité - Suite aux pressions de deux associations,
Carrefour retire de la vente un mobile destiné aux
enfants. Le BHV est aussi dans leur ligne de mire. De son
côté, le distributeur assure que son téléphone
présente moins de danger que n’importe quel
autre.
Le 25 janvier deux associations, très combatives
sur la question des ondes de téléphonie mobile,
se sont élevées contre la vente, notamment
dans les supermarchés Carrefour, d'un téléphone
destinée aux «enfants de 4 à 8 ans».
Agir pour l'environnement (APE) et Priartem (Pour une réglementation
des implantations d'antennes-relais de téléphonie
mobile), ont qualifié d'«irresponsable» la
décision de Carrefour de commercialiser ce produit,
baptisé "BabyMo". «À titre
amiable et préalablement à toute action judiciaire
en référé à l'encontre de la
société Carrefour, Agir pour l'Environnement
et Priartem demandent l'arrêt immédiat de toute
publicité et diffusion de ce portable», indiquent-elles
dans un communiqué et une lettre adressée à la
direction du groupe de distribution.
Carrefour a vite réagi: le 26 janvier, il annonçait
publiquement qu'il le retirait du marché en France
et en Belgique. «Le déférencement est
en cours», a déclaré à ZDNet une
porte-parole du numéro un européen de la grande
distribution. «La principale raison est le respect
du principe de précaution. Par ailleurs, ce produit
ne remporte aucun succès en terme de ventes. Nous
en avons vendu seulement deux exemplaires en France et trois
en Belgique». Carrefour le commercialisait depuis l'automne
2004. Il est néanmoins toujours référencé sur
le site internet discount du groupe, Oopromo.com.
«Les preuves scientifiques s'accumulent et nous pouvions
attaquer pour "existence d'un trouble manifestement
illicite"», explique à ZDNet Janine Le
Calvez, présidente de l'association Priartem.
Carrefour retire le portable de la vente
Elle fait notamment référence à un
récent rapport paru outre-Manche, qui déconseille
fortement l'usage de téléphones cellulaires
par des enfants de moins de 9 ans. Une recommandation formulée
le 11 janvier par un collège d'experts britanniques,
le National Radiological Protection Board (NRPB). Ce rapport
appelle à une «approche prudente» concernant
l'usage d'un mobile, particulièrement par des jeunes
enfants, indiquant que leur «boîte [crânienne]
n'est pas encore complètement formée, leur
système nerveux pas complètement développé,
et les radiations pénètrent plus loin dans
leur cerveau».
Ce modèle, fabriqué en Chine par la société CK
Telecom, est également commercialisé depuis
l'automne dernier par le BHV (groupe Galeries Lafayette).
Les deux associations lui ont aussi envoyé une lettre
de protestation. Interrogé par ZDNet, sa direction
n'a pas retourné nos appels. Contacté dans
l'un des magasins BHV de la région parisienne, un
vendeur nous confie que le produit ne remporte aucun succès. «Nous
n'en avons pas vendu un seul depuis son entrée au
catalogue en novembre». Il faut dire qu'il y est vendu
149 euros, alors qu'ailleurs on peut le trouver autour de
100 euros.
Par ailleurs, le vendeur confirme qu'il n'est fait nullement
mention, sur l'emballage ou dans la notice, de son indice
de radiation, appelé "valeur DAS" (débit
d'absorption spécifique) ou SAR (specific absorption
rate). Une communication que recommande pourtant tous les
rapports récents écrits sur le sujet, dont
celui du NRPB britannique.
Le distributeur européen défend son
produit
Cet appareil est distribué en Europe par les sociétés
ITT (France, Italie, Belgique et Luxembourg) et Communic8
(Royaume-Uni). Communic8 a déjà annoncé qu'il
mettait fin à sa distribution le 11 janvier dernier,
soit le jour où paraissait le rapport du NRPB.
ITT, basée en Belgique, ne compte pas encore stopper
sa diffusion. «Si vous utilisez ce portable en respectant
quelques règles indiquées sur le manuel – pas
plus de 6 minutes par jour, avec les oreillettes, sans dormir à côté – cela
est peu dangereux», assure à ZDNet Gilles Capelluto,
l'un des agents commerciaux d'ITT chargés de ce produit.
«De plus, nous avons choisi une puce volontairement
peu puissante avec un DAS de 0,47 watt par kilogramme (W/kg)
contre 1,5 pour un téléphone classique».
Selon lui, ce combiné doit être utilisé comme
un «téléphone d'alerte», que l'on
confie à son enfant de manière ponctuelle et
non permanente.
En France, ce téléphone est toujours disponible
chez de petits commerçants en ligne tels que Planetediscount.fr
ou Master-mov.com. «Nous ne pouvons pas nous attaquer à tous
les revendeurs, nous avons ciblé les plus importants»,
précise Janine Le Calvez de Priartem.
Quant au géant du cybermarché à prix
cassés, Cdiscount.com (groupe Casino), qui, selon
l'AFP, vendait également le BabyMo, il nous a démenti
l'information. «Cdiscount ne commercialise pas de téléphone
portable à destination d'enfants de 4 à 10
ans, et n'a pas l'intention de le faire», indique un
porte-parole.

|