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Une étude suédoise souligne que les personnes qui utilisent un téléphone portable pendant dix ans au moins pourraient accroître le risque de contracter une tumeur bénigne.
Une nouvelle étude suédoise préliminaire explique que les personnes qui
utilisent un téléphone portable sur une période d'au moins dix ans
pourraient accroître leur risque de contracter une rare tumeur bénigne sur
le nerf auditif du côté de la tête exposé à l'appareil. Un des chercheurs,
Anders Ahlbom, a précisé jeudi 14 octobre que ces résultats étaient
surprenants et devaient encore être confirmés par des études
complémentaires. "Nous attendons avec impatience les résultats d'autresétudes", souligne-t-il dans un article publié dans l'International Journal
of Epidemiology.
Risque doublé de développer la maladie
L'étude menée depuis trois ans par Anders Ahlbom et Maria Feychting, deux
professeurs de l'Institut Karolinska de Stockholm, a porté sur 750 Suédois
qui ont utilisé le portable pendant au moins 10 ans. Le groupe incluait 150
sujets chez qui un neurinome acoustique -tumeur bénigne du nerf auditif qui
affecte l'audition et met plusieurs années à se développer avant d'être
détectable- avait déjà été diagnostiqué.
Conclusion: le risque de développer le neurinome était pratiquement le
double chez les personnes qui ont commencé à utiliser le portable avant que
l'affection ne soit dépistée. "Lorsque le côté de la tête contre lequel on
tient habituellement le téléphone est pris en compte, nous trouvons que le
risque de neurinome acoustique est presque quatre fois plus élevé",
précisent les chercheurs.
L'étude concerne les portables analogiques
L'étude apporte toutefois un bémol: presque tous les participants ont
utilisé les premiers modèles de portables analogiques, alors que quasiment
tous les appareils vendus aujourd'hui sont de type numérique. "A l'époque où
l'étude a été menée, seuls les téléphones portables analogiques étaient
utilisés depuis plus de 10 ans et nous ne pouvons donc déterminer si les
résultats se rapportent uniquement à l'usage des téléphones analogiques ou
s'ils seraient similaires après une longue période d'utilisation des téléphones numériques", précisent les chercheurs.
Normalement, le neurinome acoustique se produit chez moins d'un adulte sur 100.000 chaque année.
Des études précédentes avaient déjà découvert que les radiations électromagnétiques du portable pouvaient affecter les tissus du cerveau,
mais d'autres travaux ont affirmé le contraire, et le débat paraît donc loin
d'être tranché. Anders Ahlbom souligne que des recherches supplémentaires
sont nécessaires et que l'usage du kit main libre est un moyen sûr d'éviter les risques potentiels évoqués par l'étude.
Ces dernières années, plusieurs travaux ont cherché à déterminer si le
portable pouvait augmenter les risques de tumeurs du cerveau, mais les
experts soulignent que les études nécessaires n'ont pas encore été menées.
Si des expériences montrent que les radiations des téléphones portables
peuvent affecter les cellules du cerveau en laboratoire, on ne sait pas si
cela se traduit dans les faits par un danger pour la santé. Des études sur
l'utilisation de l'appareil n'ont trouvé aucune preuve d'un risque pour la
santé.
Toutefois les experts ont averti qu'il valait mieux que les enfants, dont le
cerveau est en phase de développement, évitent d'utiliser les portables sur
de longues périodes, tant que l'on ne connaîtra pas mieux les risques éventuels.
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