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Premier test pour la charte sur les antennes-relais signée
par les élus de la Capitale. Pour passer à la
3G, les opérateurs doivent déployer de nouveaux
sites, mais devront faire face à des mairies d'arrondissement
qui demandent des comptes.
http://www.01net.com/article/235655.html
Longtemps promise, déjà bien en retard, la téléphonie
mobile de troisième génération va commencer
à montrer le bout de son nez au cours des prochains
mois dans les grandes agglomérations françaises.
Mais l'accueil pourrait être glacial. A Paris comme
dans de nombreuses villes de provinces, les riverains inquiets
des rayonnements liés aux équipements de communication
muliplient les opérations de blocage, s'opposant sur
le terrain à l'installation de nouvelles antennes.
Dans la Capitale, l'opposition prend aussi une forme administrative.
Les associations de défense de l'environnement font
ainsi pression sur les mairies d'arrondissement pour accentuer
la surveillance des opérateurs. Jusqu'à empêcher,
dans certains cas, l'installation de nouvelles stations.
La ville se veut pourtant un modèle de concertation
dans l'Hexagone. Le 20 mars 2003, elle signait un accord avec
SFR, Orange et Bouygues Telecom créant une Charte de
bonne conduite . Celle-ci devait garantir une bonne information
sur les implantations d'antennes, réduire les nuisances
visuelles et éviter que les Parisiens soient soumis
à des niveaux d'exposition trop élevés.
La limite a été fixée à 2 volts
par mètre (V/m) en moyenne sur 24 heures.
Un an après, les signataires de la Charte s'en disent
satisfaits. La concertation entre citoyens et opérateurs,
quasi inexistante auparavant, commence à se mettre
en place. Les limites des niveaux d'exposition sont globalement
respectées, comme le montre un premier lot de mesures
réalisées à Paris et présentées
lors d'une récente réunion de concertation entre
habitants et opérateurs.
Sur 1052 évaluations réalisées, 976
d'entre elles, soit 93 % des mesures, étaient inférieures
à 0,5 V/m. Seules 19 étaient supérieures
à 1 V/m, le seuil que les associations voudraient voir
imposer aux opérateurs.
Tout est pourtant loin d'être parfait. Le maximum fixé
par la charte parisienne, un taux d'exposition moyen de 2
V/m sur 24 heures, a ainsi été dépassé
en deux endroits, dont un relais Orange dans le XII e arrondissement.
Ces dérapages auraient toutefois été
immédiatement corrigés.
Prolifération d'antennes UMTS
Mais il ne s'agit ici que du GSM. Le principal problème
a pour nom UMTS. Utilisant une fréquence plus élevée,
cette technologie présente, pour les associations,
l'avantage d'être moins dangereuses pour la santé
et le désavantage de nécessiter un réseau
d'antennes plus important que le réseau existant.
D'où une multiplication des demandes de déploiement.
Dans le XIV e arrondissement, Orange compte ajouter 4 ou 5
relais à ses 16 antennes actuelles. Dans le XVIII e
arrondissement, c'est une vingtaine de dossiers, tous opérateurs
confondus, qui sont en cours de traitement.
Selon Yves Cochet, député de Paris et auteur
d'un projet de loi sur les antennes-relais, au moins quatre
mairies d'arrondissement sont réticentes à la
mise en service de l'UMTS : celles du XII e , du XIVe, du
XVIII e et du XX e , qui emploient des mots comme «
opposition » ou « moratoire » .
Quant aux autres mairies, elles doivent encore s'exprimer.
Les reproches sont partout équivalents : « On
ne connaît pas la procédure de mesure »,
explique Marie Larnaudie à la mairie du XII e , «
Sur l'UMTS, il y a un vrai déficit d'informations »,
poursuit Olivier Raynal, élu de la mairie du XVIII
e ...
En théorie, ces doutes pourraient être balayés
d'un revers de main par les opérateurs. La Charte n'est
pas un document juridiquement contraignant pouvant empêcher
un SFR ou un Orange et un bailleur privé de passer
un accord pour installer des antennes sur le toit de ce dernier.
Mais, en pratique, passer outre à l'avis des habitants
et des pouvoirs publics locaux pourrait se révéler
un exercice difficile. « Un opérateur a le droit
de mettre des antennes à peu près où
il veut, même malgré mon opposition, mais dans
ce cas je ne vais pas lui donner facilement les autorisations
pour installer ses grues », explique-t-on ainsi dans
une mairie d'arrondissement.
Pas question pour autant, du côté des élus
locaux, de vouloir empêcher le déploiement de
la téléphonie mobile dans la Capitale, jugée
indispensable à son développement. Mais pas
question non plus de laisser la voie libre aux opérateurs,
lors des réunions devant la commission centrale de
conciliation de la Mairie de Paris.

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