|
Paris, 31 mars (AFP) - L'Office parlementaire d'évaluation
des choix scientifiques et techniques (OPECST) a rendu publiques
mardi les règles d'organisations de la " conférence
de citoyens " sur les organismes génétiquement
modifiés (OGM), qui doit se tenir les 20 et 21 juin.
En donnant son feu vert le 27 novembre dernier à la
mise en culture du maïs transgénique dans l'hexagone,
le gouvernement avait promis un débat public sur les
OGM, " afin que les citoyens s'approproient ce débat,
qui n'est pas seulement scientifique mais aussi philiosophique
et éthique ".
L'OPECST, organisme commun à l'Assemblée nationale
et au Sénat, présidé par le député
PS de Meurthe-et-Moselle Jean-Yves Le Déaut, a été
chargé d'organiser ce débat. Il a choisi de
lui donner la forme d'une conférence publique dite
de consensus ou de citoyens, calquée sur le modèle
danois. Il s'agira d'une première en France.
Ce type de conférence, expérimentée
dans plusieurs pays européens (Pays-Bas, Grande-Bretagne,
Suisse), vise à demander à un groupe d'une quinzaine
de citoyens leur avis sur une question scientifique controversée.
Ces personnes, totalement profanes sur le sujet, reçoivent
préalablement une information complète et sont
confrontées aux experts et aux représentants
des divers intérêts en cause.
La conférence de citoyens portera sur " l'utilisation
des OGM en agriculture et dans l'alimentation " et ne
traitera pas des thérapies géniques.
L'institut de sondage IFOP va sélectionner quinze
participants supposés n'avoir aucun a priori sur la
question. Ces personnes devront représenter la "
diversité de la France ", souligne l'OPECST.
" Pour éviter toutes pressions intempestives,
l'identité des membres du panel ne sera pas révélée
la phase ultime de la conférence ", avertit l'OPECST.
Les participants sélectionnés auront droit
à deux week-ends de formation à huis-clos sur
les OGM, au cours desquels ils entendront les différentes
thèses en présence.
La conférence des 20 et 21 juin se tiendra en public.
Un document final sera rédigé par les membres
du panel. Leur avis sera présenté le lendemain.
La conférence " ne remplacera pas le débat
public mais elle contribue à le préparer ",
souligne l'OPECST qui s'attend à des " critiques
".
Le collectif " Alerte aux OGM ", qui rassemble
notamment Agir pour l'environnement, Greenpeace, France nature
environnement, la Confédération paysanne et
l'Association des familles laïques, a déjà
émis des doutes sur la méthodologie retenue.
Pcm/phb
|