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Après avoir cassé, en août, les arrêtés
sur les jours d'ouverture, il a rejeté, vendredi, pour
non-conformité européenne, ceux que la ministre
de l'écologie a pris sur les jours de fermeture
LE GOUVERNEMENT ne parvient pas à
se dépêtrer du dossier de la chasse. Le Conseil
d'Etat a annulé, vendredi 20 décembre, une grande
partie des arrêtés publiés par le ministère
de l'écologie, fixant les dates de fermeture de la
chasse aux oiseaux migrateurs et au gibier d'eau. La nouvelle
majorité, comme l'ancienne, est priée de revoir
sa copie et de se conformer à la réglementation
européenne, en faisant ranger les fusils le 31 janvier.
Le gouvernement n'a pas réagi à une décision
attendue. Désormais, seuls le pigeon (10 février),
la tourterelle (16 février) et la bécasse des
bois (20 février) sont autorisés au tir au-delà
de cette date. Le 1er août, le Conseil d'Etat avait
déjà annulé en référé
les arrêtés d'ouverture pris par la nouvelle
ministre de l'écologie, Roselyne Bachelot.
Amenés une énième fois à se prononcer,
à la suite d'une requête du Rassemblement des
opposants à la chasse (ROC) - qui lutte pour la préservation
de la faune sauvage et la défense des non-chasseurs
-, les juges administratifs ont maintenu leur jurisprudence.
Ils ont rappelé la directive européenne de 1979,
qui interdit la chasse pendant la période de nidification
des oiseaux. Ils se sont appuyés sur les décisions
de la Cour de justice des communautés européennes
et sur deux rapports scientifiques qui estiment que, au-delà
du 31 janvier, la chasse menace la reproduction des espèces.
La Fédération nationale des chasseurs (FNC)
s'est plainte d' " une nouvelle et cruelle déception
". Dans un mois, les chasseurs de gibier d'eau devront
cesser le feu. Cette nouvelle risque de relancer la grogne
du milieu cynégétique dans ses bastions comme
le Nord, la Somme, l'estuaire de la Seine, la Manche, la Charente-Maritime
et la Camargue. Elle risque également de pousser ses
adeptes à crier à la trahison, le nouveau gouvernement
ayant promis de régler la question au mieux de leurs
intérêts. tendance au compromis
Mais la nouvelle majorité peut encore compter sur
la clémence de la FNC. Malgré des frictions
avec Mme Bachelot, la fédération joue l'apaisement.
Afin d'en finir avec l'imbroglio juridique des dates de chasse,
elle suggère de recourir au dispositif du prélèvement
maximum autorisé. Il s'agirait de fixer, pour chaque
espèce, les quantités qui peuvent être
prélevées par les chasseurs plutôt que
de se braquer sur un calendrier.
Cette solution est justement préconisée par
le ministère. " L'enjeu n'est pas de savoir à
quelle date on chasse, mais le niveau des prélèvements
", explique-t-on dans l'entourage de Mme Bachelot. Cette
pratique raisonnée est déjà appliquée,
via les plans de chasse, par les amateurs de gros gibier.
Les anciens responsables de la chasse dans le gouvernement
Jospin et les associations écologistes font remarquer
avec amertume que, dans le passé, la même FNC
avait refusé une telle mesure conciliatrice pour le
gibier d'eau et les oiseaux migrateurs.
Les temps ont changé, le gouvernement également.
La tendance de la FNC semble au compromis. L'instance nationale
relaye également la lassitude d'une partie de la base.
Le forum Internet de la " hutte virtuelle " (www.lahuttevirtuelle.com)
rassemble de plus en plus de témoignages de chasseurs
exprimant leur volonté d'apaisement et leur ferme opposition
aux " viandards " qui se vantent de tableaux de
chasse exagérés. Jean Pilniak, le patron de
Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT) dans la Somme,
y est régulièrement chahuté.
Le gouvernement peut espérer profiter de cette atmosphère
moins belliqueuse. Il prévoit, en outre, d'amender
la loi chasse, votée dans la douleur en juin 2000.
Un titre rédigé par le ministère de l'écologie
sera intégré dans le projet de loi sur les affaires
rurales présenté par le ministre de l'agriculture.
Ce titre spécifique devrait être bouclé
en février. Il visera notamment à simplifier
les démarches administratives des chasseurs et à
mieux protéger les espaces naturels.
Mais le gouvernement sait que la discussion au Parlement
peut donner lieu à des surenchères difficiles
à contrôler. Pour prévenir de telles attitudes,
le ministère de l'écologie a associé
une trentaine de députés et de sénateurs
à la rédaction du texte. Un décret devrait
aussi modifier le mode de scrutin au sein des fédérations
départementales de chasseurs, ainsi que le réclament
leurs présidents, qui doivent être renouvelés
avant le 31 mai 2003.
BENOIT HOPQUIN

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