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PARIS (AFP) 20 juillet - Le Conseil constitutionnel a validé
jeudi l'essentiel de la loi sur la chasse, a annoncé
la haute juridiction. Cependant, il a exclu tout autre jour
que le mercredi pour le "jour de non chasse" instauré
par la loi. Il a également censuré un article
concernant la réintroduction de certains prédateurs,
qui concernait notamment, sans les citer, les ours slovènes
des Pyrénées. Il a aussi déclaré
inconstitutionnelles trois autres dispositions secondaires.
La décision du Conseil signifie que la loi va pouvoir
entrer en application, à l'exception des dispositions
censurées.
Le Conseil a donné notamment son feu vert aux dispositions
autorisant la chasse de nuit dans 21 départements et
dans des cantons d'autres départements devant être
précisés par décret.
Le Conseil avait été saisi par l'opposition
de droite à l'Assemblée nationale de ce texte,
définitivement adopté le 28 juin par le Parlement,
par un ultime vote serré des députés
et après d'âpres débats.
La loi, présentée par la ministre de l'Environnement
Dominique Voynet, permet également aux petits propriétaires
fonciers d'interdire leurs terres aux chasseurs.
Elle confie au pouvoir réglementaire (ministre et
préfets) le soin de fixer les dates de chasse. Pour
les oiseaux migrateurs, elle reprend les principes de protection
en période de reproduction et migration pré-nuptiale
prévus par une directive de 1979.
La nouvelle loi chasse avait pour but de mettre la France
en conformité avec cette loi-cadre européenne.
Admonestée des années durant par la Commission
européenne, la France fait l'objet depuis 1999 d'une
procédure de Bruxelles devant la Cour européenne
de justice au motif qu'une ouverture de la chasse dès
la mi-juillet et une clôture au 28 février, comme
prévu de manière dérogatoire dans l'ancienne
législation française, est contraire à
cette directive.
Le Conseil constitutionnel a censuré l'article 3 de
la loi relatif à la réintroduction des prédateurs
car il avait été réécrit par les
députés très tardivement dans la procédure,
alors qu'une première version, prévoyant la
capture des ours slovènes, avait été
votée en termes identiques par l'Assemblée nationale
et le Sénat. Du fait de la censure de cet article,
la loi ne contient plus aucune disposition à ce sujet.
Les neuf sages ont estimé que s'il était légitime
d'interdire la chasse le mercredi, jour de congé scolaire
où les enfants peuvent se promener dans la nature,
il n'y avait pas de justification pour choisir un autre jour
de la semaine.
Or, a souligné le Conseil, le droit de chasse -liberté
découlant du droit de propriété- ne peut
être limité que pour "un motif d'intérêt
général" clairement identifié.
Le Conseil a également précisé qu'un
propriétaire s'opposant, en raison de ses "convictions
personnelles" à ce que l'on chasse sur ses terres,
n'aura pas à justifier sa décision. Cette "réserve
d'interprétation" de la loi est destinée
au gouvernement lorsqu'il établira les textes d'application
de la
loi.
Le Conseil constitutionnel a par ailleurs censuré,
pour des raisons de procédure, une disposition autorisant
un "conducteur de chien de sang" à achever
un animal blessé, même trouvé sur une
autre propriété.
Les deux autres dispositions censurées concernent
la fixation par la loi de finances des redevances cynégétiques
et une mesure particulière sur les communes urbanisées
d'Alsace-Moselle.
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