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ILS FONT SIGNER des pétitions, déposent des
recours devant les tribunaux ou organisent des manifestations.
Leurs actions peuvent être hautement médiatiques
ou étonnamment discrètes. Ils sont écologistes,
scientifiques, membres d'une association de protection de
la nature ou même chasseurs.
Du côté des partisans de la chasse, on les englobe
dans la catégorie des « procéduriers »,
des « Khmers verts », des « écologistes
intégristes » et autres noms... d'oiseaux désignant
l'ennemi des traditions cynégétiques. Versés
dans une opposition de principe ou tenants d'une chasse «
écologiquement responsable », ils sont acteurs
du conflit avec les chasseurs, éparpillés en
plusieurs associations face aux fédérations
départementales de la chasse et au mouvement Chasse,
pêche, nature et traditions (CPNT).
« Par tradition, l'écologie associative française
utilise le droit et le juge pour défendre sa cause
», observe Lionel Brard, président d'honneur
de France-Nature-Environnement, la principale fédération
de protection de la nature en France , qui regroupe plus de
3 000 associations sur tout le territoire. « Nous sommes,
dans l'ensemble, tous légalistes, et les éco-guerriers,
comme les opérations coups de poing restent anecdotiques
», assure M. Brard, qui vient d'être nommé
par Lionel Jospin au Conseil économique et social (lire
page 9).
De fait, les associations écologistes, qui s'affirment
indépendantes du parti des Verts, se sont fait connaître
pour leur opiniâtreté juridique. Le droit comme
principal moyen d'action ? Ce choix est justifié par
le très médiatique président de la Ligue
pour la protection des oiseaux (LPO), Alain Bougrain-Dubourg.
« Les écologistes n'ont pas le même poids
politique, ni la même influence que les chasseurs auprès
des hommes politiques, explique-t-il. Il ne leur reste que
le recours à la justice pour se faire entendre. »
Les écologistes ont multiplié les actions contentieuses
contre les arrêtés ministériels ou préfectoraux
liés à la chasse. Le Rassemblement des opposants
à la chasse (ROC) affirme ainsi avoir formé
plus de deux cents recours en dix ans ; l'Association pour
la protection des animaux sauvages (Aspas), forte de 65 000
adhérents annoncés, en revendique plus de quatre
cents en quinze ans. Beaucoup de décisions rendues
ont été favorables aux écologistes, mais
peu ont été suivies d'effets.
Amer, le président de l'Aspas, Alain Clément,
observe que « les chasseurs, et les politiques, arrivent
à contourner le droit ». Un constat partagé
par l'ensemble des associations écologistes : les décisions
limitant le droit à la chasse ne sont pas suivies d'effets
ou sont rendues une fois la saison terminée.
Que faire, alors ? Le ROC prône, entre les lignes,
l'interdiction de la chasse, position extrême critiquée
aussi bien par les chasseurs que par les écologistes
modérés. Par leur comportement, analyse-t-on
à l'Association nationale des chasseurs écologiquement
responsables (Ancer), les radicaux du ROC alimentent les extrémismes
de l'autre bord. D'autres organisations privilégient
des modalités d'action moins conflictuelles, même
si, à l'image de la LPO et de son président,
elles n'hésitent pas à se confronter directement
aux chasseurs du Médoc ou du platier d'Oye, dans le
Pas-de-Calais, au risque de menaces physiques.
La LPO se targue toutefois d'avoir signé une convention
avec une fédération départementale de
chasseurs dans l'Indre, signe, selon elle, de sa volonté
de parvenir à une entente cordiale. FNE, qui se veut
l'organisation en pointe sur la question, participe à
tous les organes de conciliation.
Luc Bronner
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