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POUR SORTIR la chasse « de l'anathème et des
insultes », François Patriat n'aura pas hésité
à parcourir au cours de l'été «
plus de kilomètres que François Hollande [premier
secrétaire du parti socialiste] pendant la campagne
des élections européennes », selon sa
formule. Sur le terrain, le député de Côte-d'Or
slalome entre les mines, glisse quelques confidences, écoute
religieusement et élabore son diagnostic. « La
disparition du gibier en France n'est pas liée à
la chasse, mais à la dégradation du biotope
et de l'habitat », accorde-t-il aux chasseurs, ravis
de voir ainsi reprise mot pour mot l'une des formules de campagne
favorites de Jean Saint-Josse, le président de CPNT.
Devant les écologistes « associatifs »,
qui multiplient les actions en justice contre les arrêtés
préfectoraux relatifs à la chasse (voir ci-dessous),
M. Patriat déplore que les oiseaux migrateurs soient
chassés « jour et nuit, douze mois sur douze
». Art du dosage ? « Horreur du manichéisme
», répond-il.
Ecartant les extrémistes de tous bord, qui «
refusent le dialogue et ont entraîné la disparition
d'espèces ou leur prolifération », le
« pompier pyromane », comme il se décrit
lui-même, tente ainsi d'associer « les plus raisonnés
» à l'élaboration de propositions répondant
à la fois aux aspects les plus conflictuels du débat
sur la chasse, mais aussi aux problèmes de sécurité
pour le promeneur du dimanche, de dégâts de gibier
et de réforme des structures locales et nationales
de chasseurs. Avec toujours la même devise : «
En matière de chasse, je n'ai que des doutes, pas de
certitudes », et les mêmes anecdotes : «
je suis un très mauvais fusil. Quand je rate une bécasse,
je suis furieux, quand j'en tue une, je suis malheureux ».
De la Somme à l'Ardèche, il « appréhende
les problèmes qu'[il] ne connaît pas et qu'[il]
aspire à découvrir », s'émerveille
sur l'Outrade, découvre auprès des chasseurs
au gibier d'eau l'art de « faire poser cent quatre vingt
oies sur une mare ». Mais dans les salles des fédérations
de chasse, les photos de cerfs « prises de son balcon
» qu'il fait circuler autour de la table ne suffisent
pas toujours à attendrir l'auditoire. « La nature
a horreur du vide, lui rappelle le président d'une
fédération du Poitou-Charentes. Si les parlementaires
ne font pas leur travail, ne vous étonnez pas que d'autres
prennent votre place ». Gérard Fontenay, conseiller
général CPNT de Poitou-Charente se veut plus
explicite : « En Charente-Maritime, les chasseurs pèsent
plus de 16 % des voix. Chez nous, le premier député
qui vote contre la chasse, il est mort. »
Alexandre Garcia
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