La chasse a tué 40 personnes pendant la saison 1998-1999.
Et en a blessé 259 autres. Révélée
par Libération, la seconde enquête annuelle sur
les accidents de la chasse, réalisée par l'Office
national de la chasse (ONC), confirme la relative dangerosité
de ce " sport ", pratiqué par 1,4 million de
Français. " Il y a cinq morts de moins que l'année
dernière, mais le nombre d'accidents recensés
est en hausse ", expliquait-on hier à l'ONC, où
on avait décidé de laisser aux fédérations
de chasseurs le soin de divulguer ces chiffres après
les européennes. Manière de ne pas apporter quelques
voix de plus dans la gibecière des écolos. Cette
saison, contrairement à la précédente,
deux non-chasseurs sont morts : un homme qui ramassait des truffes
a été tué dans le Vaucluse à la
suite d'une " erreur d'identification " commise par
un tireur qui l'avait pris pour un animal. Dans le Gard, c'est
une lunette de carabine mal réglée qui a provoqué
la mort d'un automobiliste. " 78% des promeneurs touchés
l'ont été à la suite d'une infraction aux
lois et aux règlements. Dans la plupart de ces cas, les
chasseurs ont tirés en direction d'une maison ou d'une
route, ce qui est interdit ", affirme Eric Lebec, de l'ONC.
Le portrait-robot du spécialiste des balles perdues est
celui d'un homme de plus de 50 ans qui chasse sur son territoire
habituel lors d'une battue de sanglier. " Il y a donc moins
d'accidents parmi les jeunes, car ils sont titulaires d'un permis.
Il faut améliorer la formation ", réagissait
hier Pierre Daillant, le président de l'Union nationale
des chasseurs.
Du côté des gardes-chasse, on dénonce
le manque de sanctions et le laxisme du permis de chasse,
dont l'examen pratique n'est pas éliminatoire. "
Il n'y aura pas de changement tant qu'on en restera à
inciter les chasseurs à mettre des casquettes et des
gilets fluo. Aujourd'hui, on donne le permis même à
ceux qui se tirent dans les pieds ", explique Laurent
Faure du Syndicat national de l'Environnement (DNE-CFDT).
Mathieu Ecoiffier
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