Paris, le 12 octobre 07 : Agir pour l'Environnement apprend
avec surprise
que les dates du grand raout final du Grenelle de l'environnement
fixées aux
24 et 25 octobre seraient suivies d'une présentation
officielle des
conclusions le 15 décembre. Ce laps de temps sera
sans doute mis à profit
par les pouvoirs publics pour revisiter les conclusions des
négociations en
les adaptant aux demandes des différents lobbies.
Cette nouvelle annonce
illustre à merveille la face cachée du Grenelle
de l'environnement, qui à l'approche
de la date ultime, tend à imposer à la
société civile, une
méthode que seuls les organisateurs dudit Grenelle
ont validé.
Il est pour le moins stupéfiant qu'à moins
de dix jours de la dernière phase
du Grenelle de l'environnement, le ministère de l'Ecologie
en soit encoreà définir le cadre de la discussion en repoussant sine
die de plusieurs
semaines les dates ultimes du Grenelle, excluant au passage
les ONG du débat
final ! De nouveau, l'absence de méthode précise
permet au Gouvernement de
ballader les associations en leur cachant le véritable
objectif du Grenelle
de l'environnement.
Cette volonté de repousser encore et toujours le
moment où il faudra passer
des gesticulations médiatiques aux actes et décisions
est révélateur de la
peur panique qui saisit actuellement le mininstre de l'Ecologie.
Face aux
cris des multiples lobbies, l'Etat semble vouloir se donner
du temps pour
produire un consensus moux, fruit d'un nivellement par le
bas des
propositions associatives.
Le Grenelle de l'environnement s'achemine progressivement
vers l'adoption de
mesurettes inaudores, sans saveur et indolores. Parce qu'Agir
pour
l'Environnement ne croit plus au Père Noël, même
lorsque son arrivée est
prévue le 15 décembre et afin d'éviter
un suspensus insoutenable et un
travail inutile, Agir pour l'Environnement révèle
en exclusivité les 15
programmes qui seront annoncés le 15 décembre
par le Gouvernement :
- Un moratoire sur les OGM durant la période où les
OGM ne sont pas cultivés
- Une interdiction de l'utilisation de lampes classiques
entre 2h et 3h du
matin
- Une charte qui n'engage que celles et ceux qui y croient
encadrant
fictivement le contenu des publicités
- L'adoption d'un malus frappant les véhicules rejettant
plus de 750 grammes
de C02 par km
- Une diminution de 10 km/h des vitesses autorisés.
sur les voies navigables
- Une loi interdisant le sursursuremballage et les vieux
incinérateurs mais
autorisant la construction de nouvelles unités de
valorisation énergétique
- Une diminution de l'utilisation des pesticides dans le
cadre d'un grand
plan de promotion de l'agriculture raisonnée
- Une TVA à taux réduit pour les produits écologiques
(proposée et
immédiatement refusée au niveau communautaire)
- Une application de la LOTI de 1981 privilégiant
le rail à la route. sauf
lorsque les élus locaux réclament le contraire
- Le construction de l'EPR et de sa ligne à très
haute tension et ce quoi
qu'il arrive
- Un double étiquettage CO2 permettant à la
grande distribution de se donner
bonne conscience tout en continuant massivement à promouvoir
les produits
antiécologiques
- L'organisation d'un Grenelle de l'environnement
- L'application des directives européennes
- L'obligation faite aux industriels de peindre leur logo
en vert
- Supprmier le principe de précaution (parce que c'est
mal) grâce à une
croissance durable (parce que c'est bien)
Pour Stéphen Kerckhove, Délégué général
d'Agir pour l'Environnement, « le
Grenelle de l'environnement tend à se transformer
en un simulacre de
négociation dont la vocation première est d'orchestrer
un gigantesque "
greenwaching" du pouvoir en place ». Agir pour
l'Environnement souhaite que
le Grenelle de l'environnement se termine par de véritables
négociations et
que ces négociations aient lieu en présence
des acteurs associatifs et en
date des 24 et 25 octobre.
