Avec Agir pour l'Environnement, les associations se mobilisent
Bruit : fini de faire la sourde oreille
Ouest France - 7 janvier 2000


Trop de bruit ! C'est le thème de la campagne nationale d'information conduite par l'association Agir pour l'Environnement. Elle demande une meilleure prise en compte des nuisances sonores, souvent " ignorées des pouvoirs publics ".

A l'origine, des riverains excédés. Quand le bruit des voitures sur le périphérique nantais envahit les jardins jusqu'à couper court à toute conversation (c'est le cas du quartier du Bois-Raguenet à Orvault), les " victimes " s'associent pour faire pression sur les politiques.

Le combat de ces nouveaux militants trouve un aboutissement la plupart du temps. Pour l'associaition de défense des riverains du périphérique et des voies extérieures (Arpe), la bataille a fini par payer. Cette fédération, qui représente dix-neuf associations réparties sur sept communes de l'agglomération nantaise, a contesté, dès le début, les mesures de bruit effectuées sur le périphérique par la Direction départementale de l'Equipement. " L'erreur portait sur trois décibels supplémentaires non comptabilisés. Ce qui correspond à un doublement de la circulation ", indique Frédéric L'honoré, président de l'Arpe. En cause, le cahier des charges utilisé par la DDE. " La manière de réaliser les mesures n'était pas rigoureuse. Les micros, par exemple, étaient positionnés vers les fenêtres des logements, au lieu d'être tournée vers le périph' ", ajoute-t-il. L'association a obtenu un nouveau cahier des charges (l'ancien ayant été invalidé par le Préfet) et de nouvelles mesures pourront être effectuées au printemps.

L'expérience nantaise fait école. Le cahier des charges, établi par l'association en lien avec la Préfecture, pourrait servir de cadre de référence en terme de mesure du bruit des transports terrestres sur le plan national. Contactée par l'association Cactus d'Avrillé, dans le cadre du projet de contournement d'Angers, l'Arpe apporte ses conseils. Le pont de Pacé, près de Rennes, a aussi fait appel aux Nantais.

1 % contre le bruit

Le combat ne s'arrête pas là. Pour les associations (Arpe, CLCV, collectif cadre de vie de Saint-Léger-les-Vignes, Fédérations des usagers du transport), il faut aller plus loin. C'est pourquoi elles s'associent à Agir pour l'Environnement dans sa campagne de sensibilisation aux nuisances sonores. La proposition qu'elles font au président du conseil régional est de " réserver 1% du budget d'une nouvelle infrastructure pour le mettre dans un fond de lutte contre les nuisances sonores ". Les associations suggèrent également des mesures techniques de rattrapage réalisables -pose de nouveaux enrobés, réalisation de merlons (remblais de terre qui font écran au bruit), ainsi que des mesures préventives du type gel des terrains attenants aux voies bruyantes, prise en compte des augmentations de trafic. " Encore faut-il que les collectivités sollicitent des crédits auprès de l'Etat " souligne Mireille Ferri, d'Agir pour l'Environnement. Après la Région et l'Etat, les associations iront frapper à la porte d'autres collectivités (district, département).

Vanessa Ripoche

 

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