Que dire de plus que ce qui a déjà été
écrit pour exprimer l'immense déception du
peuple de l'écologie à la vue du piètre
résultat du sommet de Copenhague. L'absence d'engagements
contraignants, le peu d'ambition des uns, la gesticulation
des autres, le tout allié au plus parfait cynisme
ont eu raison d'un sommet que d'aucun annonçait comme
historique.
Si Copenhague est un échec, c'est avant tout parce
que nos décideurs n'ont jamais cru sérieusement
à un accord contraignant. Ou plutôt, ont-ils
toujours feint de croire que cet accord serait contraignant...
pour les autres. L'effort à consentir n'est ainsi
acceptable qu'à la seule et unique condition qu'il
soit supporté par les pays du Sud ou les générations
futures. Certains ont même cru un temps que Copenhague
serait une opportunité de marché supplémentaire,
un moyen d'assurer un relais de croissance pour un capitalisme
moribond. De sobriété, il n'en a jamais été
question !
Mais cette incapacité à prendre en compte
la crise climatique pour ce qu'elle est réellement,
une crise systémique qui frappe à cœur
nos sociétés repus, rend l'issue des négociations
non plus incertaine mais kafkaïenne.
Si Copenhague est un échec, c'est aussi et surtout
parce que les chantres de l'écologie hors sol, de
Chirac à Sarkozy, ne peuvent atteindre la cohérence
requise pour être crédible. Tenir de beaux
discours, se parer des habits verts pales des sauveurs climatiques
de l'Humanité ne font sens qu'à la seule et
unique condition d'être irréprochable ici et
maintenant.
Or, depuis trop longtemps, nous appelons les dirigeants
français à accepter de mettre en adéquation
discours et actes, dire et faire. Et pour se faire, remiser
au placard les vieilles recettes que le grand emprunt et
autre plan de relance financent allègrement !
A défaut d'avoir mis un terme au double discours
institutionnalisé, nos responsables reviennent bredouilles
de Copenhague. Au moins auront-ils le temps de méditer
l'inélégance qu'il y a à donner des
leçons au monde entier tout en poursuivant un développement
énergivore et climaticide.
Nous voici venu au temps des apothicaires. Chaque État
tient à jour ses comptes en espérant gagner
plus qu'il ne perd. Au final, tout le monde a perdu ! Ce
« je » à somme nulle nous entraînera
toutes et tous dans un mal de Terre dont l'irréversibilité
est certaine.
Honte à eux !
