Paris, le 19 décembre 2007 : Alors que la Commission
européenne vient de rendre public une série
de propositions visant à réduire les rejets
de CO2 des véhicules particuliers neufs d'ici à 2012,
la France fut étrangement absente du premier round
de négociations opposant la Commission aux constructeurs
et l'Etat allemand.
La proposition de la Commission d'un objectif à 130
g pour 2012 n'impose pas de contrainte climatique à l'industrie
automobile européenne et supprime tout objectif à long
terme !
Les associations déplorent les multiples reculs
que la Commission a du consentir pour obtenir un préaccord
des instances politiques allemandes et du Commissaire européen à l'industrie,
allemand d'origine. Il est à noter que le Commissaire
aux Transports, français d'origine, n'a pas été directement
associé aux négociations, à la grande
stupéfaction des associations ! Face à ce
lobbying industriel très organisé visant à réduire
l'ambition d'un texte européen attendu depuis plusieurs
années, les associations constatent que la France
pourtant bien dotée en constructeurs automobiles
et fabricant des véhicules moins émetteurs
de CO2 que la moyenne semble avoir un certain retard à l'allumage
et adopte une stratégie poussive.
Pourtant, Nicolas Sarkozy dans son discours de clôture
du Grenelle de l'environnement le 25 octobre 2007 déclarait
en s'adressant au Président de la Commission européenne
Barroso " Monsieur le Président, toutes les
initiatives de la Commission pour accroître les normes,
la France les soutiendra. Et je pense aux normes d'émission
des véhicules. Il faut la norme la plus exigeante
pour tous ".
Nous assistons ainsi à la suprématie des
constructeurs de grosses berlines qui ont réussi à obtenir
une dénaturation quasi complète d'un texte
annoncé comme très ambitieux.
Le seuil de rejet des émissions de CO2 a été porté de
120 à 130 grammes de CO2 par kilomètre en
moyenne traduisant l'échec de l'annonce affichée
dans le relevé de la table ronde du Grenelle de
l'environnement (" Soutien de la France au durcissement
de la réglementation communautaire des émissions
de CO2 des véhicules neufs commercialisés
(120 g contre 130 g dans les conditions actuelles).
Par ailleurs, l'effort sera partagé, signifiant
qu'en fonction du poids des véhicules, les constructeurs
n'auront pas à faire le même effort, créant
de fait une distorsion de concurrence. Pire, les constructeurs
automobiles pourront se fédérer au sein de
véritables cartels pour mutualiser l'effort à consentir,
apportant une échappatoire de plus. Enfin, les sanctions,
seules à même de rendre opérantes une
réglementation européenne, ne seront pleinement
effective qu'à partir de 2015, repoussant implicitement
la date de mise en œuvre des mesures annoncées.
Les associations France Nature Environnement, Agir pour
l’environnement et Réseau Action Climat-France
appellent à un sursaut les responsables politiques
des Etats qui ne satisfont pas d'un hiatus entre le dire
et le faire. Les engagements internationaux ne font sens
que s'ils sont liés à une action nationale
et européenne forte. Entre le lobbying allemand
et le mutisme français, il est à craindre
que cette réglementation européenne soit
bien mal engagée.
Contacts presse
Stéphen Kerckhove - Agir pour l'Environnement -
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06 26 40 07 74
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