Un gel temporaire et symbolique puisque les semis ont lieu au printemps. ONG
et Confédération paysanne dénoncent cette mesure très éloignée,
selon elles, des conclusions du Grenelle de l'Environnement.
Un décret suspendant la vente et l'utilisation du
seul OGM cultivé en France, le Mon 810, a été publié aujourd'hui
au Journal officiel, suscitant la déception des ONG
et la colère de la Confédération paysanne.
En vertu de ce décret émanant du ministère
de l'Agriculture, «la cession à l'utilisateur
final et l'utilisation des semences » du Mon810, le
maïs OGM de la firme Monsanto cultivé en France, «sont
suspendues sur le territoire national jusqu'à la publication
d'un loi relative aux organismes génétiquement
modifiés et au plus tard jusqu'au 9 février
2008».
Ce gel temporaire des cultures OGM en France faisait partie
des conclusions du Grenelle de l'environnement. Il s'agit
toutefois d'un geste purement symbolique, puisque les semis
ont lieu... au printemps.
L'association écologiste Agir pour l'environnement
a aussitôt dénoncé dans un communiqué une «décision
cosmétique», dont la vocation est de «pouvoir
annoncer un moratoire sans le mettre en œuvre sérieusement».
Selon Stéphen Kerckhove, délégué général
d’Agir pour l’Environnement, «interdire
un maïs transgénique en période hivernale
lorsque ce dernier n’est pas cultivé revient à interdire
le chauffage électrique en pleine canicule ou la climatisation
en période de froid intense !».
Agir pour l’Environnement «constate amèrement
que la deuxième décision faisant suite au Grenelle
de l’environnement s’inscrit dans une stratégie
d’illusionnisme où l’annonce prime sur
le résultat effectif ».
Pour le porte-parole de la Fédération France
Nature Environnement, Arnaud Gossement, «le gouvernement
a fait droit à la revendication de la FNSEA».
Lylian Le Goff, de FNE, déclare dans un communiqué que «cette
clause de sauvegarde ne correspond pas aux conclusions du
Grenelle. Nous sommes très déçus que
le gel des cultures annoncé par le ministre de l'Ecologie
ne soit pas respecté et qu'il ne soit pas mis un terme à l'hypocrisie
que Jean-Louis Borloo dénonçait lui-même
en prenant l'engagement de ne pas prendre le risque d'une
contamination des productions non OGM. »
Du coté de la Confédération paysanne,
syndicat agricole fer de lance de la contestation anti OGM,
on s'estime "trompé'. "Nous avons été trompés
lors du Grenelle de l'Environnement. Le ministère
de l'Ecologie a cédé aux pressions du ministère
de l'Agriculture pour autoriser la coexistence des cultures
OGM et non-OGM alors qu'il avait laissé entendre qu'il
utiliserait la +clause de sauvegarde+ pour ne pas autoriser
la culture du maïs OGM 810 pendant toute l'année
2008", a déclaré Olivier Keller, secrétaire
national en charge du dossier des OGM.
"Nous sommes très déçus. Nous
allons maintenant demander aux parlementaires de voter des
amendements pour obliger les agriculteurs qui cultiveront
les OGM, les semenciers, et les firmes détenteurs
des brevets à souscrire des garanties financières
pour dédommager les cultures conventionnelles ou biologiques
victimes d'une contamination transgénique", a
ajouté Olivier Keller.
Autre motif de déception pour les ONG qui ont participé au
Grenelle: un autre décret publié aujourd'hui
et créant un comité de préfiguration
d'une Haute autorité sur les OGM.
Selon Lylian le Goff, «lors du Grenelle, un consensus
s'était dégagé sur la nécessaire
réforme de l'expertise des risques liés aux
OGM. La suppression de la commission du génie biomoléculaire,
remplacée par une nouvelle Haute autorité sur
les biotechnologies avait été actée.
Sans attendre le vote de la loi sur les OGM, le gouvernement
devait décider de créer une Haute Autorité provisoire.
En réalité, il a créé un comité dont
la mission officielle se résume à réfléchir à la
future Haute Autorité.
Pour FNE, «la création de ce Comité est
décevante et s'éloigne des conclusions du Grenelle ».

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