La
France ne devrait pas échapper à une forte
amende de la Cour européenne de justice en dépit
du décret pris mardi pour transposer avec cinq ans
de retard une directive relative aux cultures des organismes
génétiquement modifiés (OGM), selon
une source communautaire.
La Commission européenne ayant déjà saisi
la Cour à la mi-décembre, la procédure
ira jusqu'au bout, a indiqué cette source à l'AFP
mercredi. Selon elle, la France sera "très probablement" condamnée
pour le retard pris à se conformer à un premier
arrêt de la Cour en juillet 2004 sur cette affaire.
Bruxelles a demandé à la Cour d'infliger à la
France une amende de quelque 38 millions d'euros pour la
non-application de cet arrêt de juillet 2004.
En raison des astreintes par jour de retard, ce chiffre
pourrait même approcher les 43 millions d'euros si
la Cour l'actualise à la date du mardi 20 mars, jour
de transposition de la directive.
Deux décrets fixant les conditions de contrôle
des essais dans les champs et celles de mise sur le marché des
OGM ont été publiés mardi au Journal
officiel français, au risque de susciter, en pleine
campagne présidentielle, une nouvelle levée
de bouclier des anti-OGM.
Un projet de loi avait été adopté par
le Sénat en mars 2006, mais n'avait pas été examiné à l'Assemblée
nationale, faute de temps et d'une volonté politique
du gouvernement de le faire adopter rapidement.
La grande nouveauté réside dans la création
d'un registre national qui "recense le nombre et la
surface des parcelles semées en OGM, ainsi que leur
localisation".
Jusqu'à présent nul ne sait exactement combien
d'hectares de maïs OGM, exploités principalement
en Espagne, sont cultivés en France.

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