Paris, le 13 décembre 06
A l'attention de Monsieur Dominique de VILLEPIN
Premier ministre
56, rue de Varennes - 75007 PARIS
Objet : Moratoire sur les OGM
Monsieur le Premier ministre,
Comme nous pouvions le craindre, la Commission européenne
a décidé de saisir la Cour de Justice Européenne
pour défaut de transposition de la directive 2001-18
relative à la dissémination d'OGM dans l'environnement.
Après plus de quatre ans de retard, le Gouvernement
français s'est enfermé dans un tête-à-tête
avec les multinationales semencières, privilégiant
la préparation d'une loi a minima sous l'égide
du Ministère de la Recherche.
Alors que plus de trois quart des Français sont hostiles
aux OGM et favorables à une interdiction pure et simple
de toutes nouvelles mises en culture de semences génétiquement
manipulées, notre pays préfère temporiser,
laissant de fait toute latitude aux promoteurs des OGM pour
cultiver maïs et bientôt colza sans aucune contrainte
et en toute impunité.
Nous ne pouvons que constater le grotesque d'une situation
qui amène un ministre de l'agriculture à appeler
de ses voux la plus grande fermeté judiciaire à l'égard
des simples faucheurs volontaires alors même que la
France maintient depuis quatre ans une zone de non droit
prochainement sanctionnée par l'Union européenne.
Faute de la loi reconnaissant la primauté des systèmes
agraires de qualité sur toute contamination génétique,
la France assiste passivement à la dissémination
d'OGM en milieu ouvert. Nul ne sait précisément
où se trouvent ces cultures, aucun suivi sanitaire
et environnemental n'est assuré par l'Etat, aucun
responsable n'est actuellement identifié, nulle procédure
de responsabilité n'est définie. autant d'interrogations
sans réponse permettant d'imposer implicitement une
nécrotechnologie récusée de toute part.
Non seulement, la France va être lourdement condamnée,
mais en plus elle subit d'ors et déjà une contamination
génétique lancinante et volontairement dissimulée.
Nous appelons de nos voux un moratoire immédiat sur
toute nouvelle mise en culture afin que la loi soit conforme
aux aspirations des citoyens à une agriculture de
qualité.
Vous remerciant par avance pour l'attention que vous ne
manquerez pas d'accorder à ce courrier, nous vous
prions d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression
de nos sentiments distingués.
Monsieur Stéphen KERCKHOVE, Délégué général

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