Les association écologistes s'alarmaient jeudi des
intentions du
gouvernement après que celui-ci ait annoncé que
la transposition de la
directive de l'UE sur les OGM se ferait par décret.
"Il est indispensable" que le ministre délégué aux
Relations avec le Parlement, Henri Cuq, "
s'explique clairement sur ce qu'il veut faire passer par
décret", a indiqué à
l'AFP Arnaud Apoteker, de Greenpeace. M. Cuq a annoncé jeudi
que la
transposition de la directive de l'UE sur les OGM se ferait
par décret "dans
les prochains mois", mettant fin à l'examen du
projet de loi sur les OGM,
adopté en mars par le Sénat.
Mais le ministre "n'a pas spécifiquement indiqué quel
point de la directive il comptait faire passer par décret",
a
fait remarquer le responsable de Greenpeace. "La seule
chose qu'il puisse
passer par décret de façon légale, ce
sont les aspects réglementaires" de la
directive européenne, ceux concernant l'utilisation
d'OGM en milieu confiné,
par exemple pour la production de médicament. "C'est
sur cette partie que la
France est soumise à une astreinte", a-t-il observé.
Si au contraire, il
s'agit "de faire transposer l'ensemble de la directive
européenne par
décret, c'est complètement aberrant",
a estimé M. Apoteker. "Une loi était
en discussion, elle doit passer par le parlement", a-t-il
ajouté.
Stéphen Kerckhove, de l'association Agir pour l'environnement,
craint de son côté "
une volonté de passer en force" du gouvernement.
Si tel était le cas, cela
poserait "un gros problème de constitutionnalité",
a-t-il commenté, le
projet de loi ayant déjà été adopté en
première lecture au Sénat.
Selon le ministre, la voie du décret a été choisie
en raison d'un "problème de
calendrier" parlementaire et également en raison
des "pénalités" qui
seraient infligées à la France en cas de retard.
La France s'est vu
enjoindre par la Commission européenne de transcrire
dans sa législation
nationale sa directive OGM du 12 mars 2001. Faute d'obtempérer,
la France
est menacée d'une astreinte de 168.000 euros par jour.
Le 4 octobre,
François Goulard (Recherche) avait encore indiqué que
le gouvernement "é
tudiait la possibilité d'inscrire" le projet
de loi sur les OGM à l'ordre
du jour de l'Assemblée nationale. Le texte, adopté en
première lecture le 26
mars par le Sénat, vise à encadrer les cultures
et les essais OGM, dans le
respect de directives européennes, et à autoriser
les cultures d'OGM en
plein air à des fins de recherche et de commercialisation.

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