Paris, le 14 mars 2006 : Alors
que le Sénat devrait
débuter l’analyse du projet de loi sur les OGM
mercredi 15 mars 2006 en Commission des Affaires économiques,
Agir pour l’Environnement tient à rappeler son
opposition à l’égard d’un texte
qui légalise une contamination de basse intensité des
systèmes agraires existants et de qualité.
Le Gouvernement a navigué de longs mois entre loi
du silence et surdité politique préparant dans
le plus grand secret et sans consultation ce projet de loi
! Le projet de loi sur les OGM normalise ainsi une contamination
de basse intensité en fixant un seuil de 0.9% en deçà duquel
l’agriculteur pollué ne pourra prétendre être
indemnisé !
Cette pollution généralisée s’impose
aux systèmes agraires existants de qualité et
labellisés. Avec ce projet législatif, nul
ne pourra plus se soustraire à la contamination génétique
et la liberté de choisir se résumera à un
choix entre une contamination acceptée et une pollution
subie. La liberté de chacun s’arrête là où l’ordre
biotechnologique passe. Au nom d’une certaine idée
du libéralisme, l’agriculture de qualité et
traditionnelle sera soumise à un régime de
liberté conditionnelle.
C’est l’un des principes fondateurs de notre
constitution (l’inaliénabilité de la
propriété privée) qui est sévèrement
remis en cause puisque l’activité des uns s’impose
aux autres sans aucune possibilité de s’y soustraire.
Par effraction, la contamination biotechnologique s’immisce
par les interstices des systèmes agraires préexistants.
Ce trouble anormal de voisinage augure de fait des réactions
judiciaires en chaîne.
A l’aide d’une conception étriquée
de la responsabilité, le Gouvernement établit
une procédure minimaliste d’indemnisation limitée
dans le temps et dans l’espace de l’agriculteur
dont les cultures auront été contaminées.
Les repousses d’une année sur l’autre,
les flux de gènes sur moyenne distance ou encore les
contaminations hors champ (semence, transport, stockage,
transformation…) n’ouvrent pas droit à indemnisation
! La contamination existera nécessairement mais la
loi évite soigneusement d’alourdir la facture
du lobby biotechnologique, privilégiant le principe
du pollué-payeur ! Devant l’irréversibilité nécrotechnologique,
le projet de loi opte pour le déni, occultant délibérément
les conséquences environnementales et sanitaires n’ouvrant
pas droit à indemnisation. A peine accolé à la
Constitution française, le principe de précaution
passe par pertes… et profits !

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