|
Paris, le mardi 26 septembre 2000 à 10h00
Présents : Dominique Voynet, Ministre de l'Aménagement
du Territoire et de l'Environnement, Laurent Roy, Conseiller
technique, Mireille Ferri, Présidente d'Agir pour l'Environnement,
Pierre Tartakovsky, Secrétaire général
d'ATTAC, Serge Le Quéau, Administrateur d'ATTAC, Caroline
Applagnat, Chargée de mission Environnement à
Surfrider Foundation, Stéphen Kerckhove, Animateur
d'Agir pour l'Environnement.
La question des deux directives et du règlement européen
proposés par la Commission européenne est une
question nécessitant de la patience car les mécanismes
européens sont longs et compliqués. Le Conseil
des ministres européens en charge de l'environnement
s'est saisi de cette question en invitant Mme de Palacio.
Il serait nécessaire de l'entendre à nouveau
lors d'un prochain Conseil Environnement. Néanmoins,
les blocages ont surtout lieu lors des Conseils Transports
pendant lesquels les ministres européens adoptent parfois
des positions pour le moins ambivalentes. C'est malheureusement
dans ces Conseils que les décisions sont prises. En
tout état de cause, il est indispensable de faire pression
pour que les procédures soient officiellement lancées
sous présidence française.
Le naufrage a tout de même provoqué une réaction
salutaire de la part de certains Etats membres et des partenaires,
notamment la Suède, se sont appliqués à
faire des propositions.
Le ministère de l'Environnement a été
surpris de la position défendue par Jean-Claude Gayssot
quant à l'aménagement des ports pour recevoir
les navires souhaitant dégazer. Il y a un réel
problème de coordination interministérielle
dans les prises de décisions.
FIPOL : La réunion du FIPOL d'octobre devrait acter
le passage de 1 à 2 milliards de francs par sinistre
pour les indemnisations. Cette modification ne nécessite
pas une renégociation des traités internationaux
mais une simple prise de position du CA. La réflexion
sur l'indemnisation des dommages écologiques ainsi
que la mise au point d'un système plus responsabilisant
en sont à leurs balbutiements ; il incombe à
la France de faire des propositions opérationnelles
afin de vaincre la réticence des "grands pays
maritimes";
Concernant les deux directives et le règlement, le
Conseil Transports semble peu enthousiaste à propos
de la directive relative à l'homogénéisation
des contrôles ainsi que pour le règlement qui
ne fait pas l'unanimité. Le MATE attend des infos du
prochain Conseil Transports le lundi 02 octobre mais les échanges
d'infos sont parcellaires et le MATE le déplore. La
question du FIPOL, gérée par le quai d'Orsay
se passe mieux car ce ministère a sans doute davantage
l'habitude de travailler en interministériel.
Les échéances pour la validation du paquet 1
ne manquent pas mais pour le Sommet de Nice qui réunira
en France les Chefs d'Etat, la cohabitation risque de neutraliser
toutes propositions ambitieuses. Le Chef d'Etat n'a d'ailleurs
pas à intervenir sur ce thème car ce n'est pas
dans ses prérogatives ! Par contre, les différents
Conseils Transports peuvent acter une prise de position forte
en faveur d'une régulation. Reste à convaincre
les Anglais et les Grecs qui traînent des pieds et c'est
un euphémisme. ATTAC propose d'aborder la question
de la politique de la mer, lors du Sommet Euroméditerranné
qui aura lieu au cours du mois de décembre.
L'Observatoire mis en place à la suite de la marée
noire est géré par les associations et le MATE
serait mal placé pour intervenir. Cela ne signifie
pas que le MATE soit satisfait du résultat. Cet Observatoire
doit effectuer un travail de long terme et nous sommes pour
l'heure très en deçà des objectifs fixés.
Il serait peut être intéressant d'élargir
aux associations non spécialisées dans la protection
de l'environnement. Surfrider Foundation est d'ailleurs intéressée
mais à toutes les peines du monde à prendre
contact avec les responsables de l'Observatoire. Le MATE va
par ailleurs installer un comité de pilotage du programme
scientifique de suivi des conséquences écologiques
de la marée noire, qui sera ouvert aux élus
et aux associations
La nature du fioul est une polémique basée sur
le phantasme. Internet permet de propager des informations
diffamatoires. ATTAC a d'ailleurs fait paraître une
mise au point. Plusieurs études indépendantes
ont déjà été menées notamment
par le Muséum d'histoire naturelle, par l'Ineris ou
par un laboratoire hollandais concluant à la réalité
du fioul n°2. Par contre le labo Analtyka qui a effectué
plusieurs prélèvements hors zone semble incapable
d'expliquer sa démarche.
Le projet Zone de Protection Ecologique en Méditerranée
a été portée par le MATE ; il permettrait
d'élargir la zone d'arraisonnement jusqu'à environ
70 miles des côtes méditerranéennes. Il
reste à convaincre le ministère de l'Agriculture
et de la Pêche qui cherche à exclure toute mesure
portant sur la protection de la biodiversité de la
ZPE, pour éviter toute conséquence sur la pêche.

|