|
Commission européenne
Direction générale de l'énergie et des
transports
Directeur général
Madame Mireille Ferri
Association « Agir pour l'Environnement »
Bruxelles, le 28 juin 2000
D9416 (2000)
Madame,
Dans le cadre de la campagne relative à la pollution
de l'ERIKA dont vous avez pris l'initiative et assuré
la coordination, le Président de la Commission européenne,
M. Romano Prodi, a reçu un nombre important de cartes
postales intitulées « Erika, la marée
noire de trop », réclamant des mesures strictes
pour améliorer la sécurité maritime et
la protection de l'environnement marin dans les eaux de l'Union
européenne.
Monsieur Prodi m'a chargé de vous remercier pour les
propositions que vous avez formulées dans le cadre
de cette campagne. Je constate avec une grande satisfaction
qu'elles rejoignent en grande partie les préoccupations
de la Commission , telles qu'elles sont exposés dans
sa Communication du 21 mars 2000 sur la sécurité
maritime du transport pétrolier, que vous trouverez
ci-jointe.
En effet, la Commission a adopté et transmis au Parlement
européen et au Conseil des ministres de l'Union européenne
des propositions législatives visant à :
· accélérer l'élimination des
pétroliers à simple coque des eaux européennes,
selon un calendrier similaire à celui adopté
par les Etats-Unis suite au naufrage de l'Exxon Valdez, en
vue de leur remplacement par des pétroliers à
coque double ou d'un standard équivalent, présentant
moins de risques de pollution en cas d'échouage ou
de collision. Cette mesure évitera que les pétroliers
à simple coque (généralement âgés)
bannis des eaux américaines à partir de 2005
ne viennent fréquenter les eaux européennes,
et contribuera en conséquence à un renouvellement
de la flotte mondiale de pétroliers.
· renforcer le contrôle sur les sociétés
de classification délivrant les certificats de sécurité
pour le compte des Etats membres en tant qu'Etat du pavillon.
Une directive de 1994 permet aux Etats membres de reconnaître
des sociétés de classification répondant
à des critères d'intégrité et
de compétences établis par la directive. En
vue d'assurer une approche harmonisée et objective,
la modification proposée consiste à confier
à la Commission, et non plus aux seuls Etats membres,
le soin de reconnaître les sociétés de
classification et d'évaluer leurs performances.
· améliorer les conditions dans lesquelles
les navires, quel que soit leur pavillon, sont inspectés
dans les ports européens. La directive existante de
1995 sur le contrôle des navires par l'Etat du port
sera renforcée de manière significative : une
obligation de bannissement des navires manifestement inférieurs
aux normes est introduite, ainsi qu'une obligation d'inspection
approfondie des navires « à risque », y
inclus les pétroliers de plus de 15 ans.
Par ailleurs, au-delà de ces mesures à court
terme, la Commission a l' intention de proposer un second
train de mesures complémentaires portant en particulier
sur :
· un suivi plus étroit des navires transportant
des marchandises dangereuses ou polluantes fréquentant
les eaux européennes. Ainsi la législation communautaire
obligeant les navires transportant des marchandises dangereuses
ou polluantes à se signaler avant d'entrer dans les
ports européens devrait être renforcée
et étendue aux navires en transit le long des côtes
européennes.
· une amélioration du régime de compensation
des victimes de marée noire, au travers notamment d'une
augmentation du plafond actuel d'indemnisation offert par
les conventions internationales. La Commission envisage également
d'examiner les moyens d'aboutir à une plus grande responsabilisation
individuelle des parties impliquées dans un accident
maritime ayant causé une pollution, en particulier
les affréteurs de navires. Il convient de noter que
la modification de la directive sur le contrôle des
navires par l' Etat de port, évoquée ci-dessus,
comporte l'obligation de vérifier, lors de chaque inspection,
que l'armateur possède une assurance ou une garantie
financière valide couvrant les dommages de pollution.
Comme vous pouvez le constatez, ces mesures répondent
très largement aux préoccupations que vous soulevez
dans le cadre de la pétition.
La Commission entend ouvrer pour que l'ensemble des mesures
proposées soit adoptées le plus rapidement possible,
comme un tout homogène et cohérent, par le Conseil
et le Parlement européen. Pour ce qui concerne le second
train de mesures, la Commission prévoit d'adopter ces
propositions avant la fin de l'année.
Je vous serais très obligé de bien vouloir
porter cette réponse à la connaissance des citoyens
et associations qui se sont joints à votre démarche.
La Commission espère pouvoir compter sur le soutien
des associations que vous représentez et des citoyens
qui participent à cette campagne pour promouvoir et
convaincre les responsables politiques de la nécessité
des mesures législatives qu'elle a proposées.
Comme je vous l'ai indiqué dans ma lettre du 23 juin,
je suis disposé à vous rencontrer afin de discuter
dans le détail les mesures législatives que
la Commission envisage de proposer dans le cadre de cette
communication.
Je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de ma
considération distinguée.
M.Lamoureux

|