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Brest, Aéroport de Brest, le 13 juillet 2000 de 15h00
à 15h45
Présents : M.Lamoureux, Directeur Général
de la Direction Générale Transports, Mme Lalis,
Directeur Général de la Direction des transports
maritimes (DG Transports, Commission européenne), Françoise
Grossetete, Députée européenne PPE, Stéphen
Kerckhove, animateur d'Agir pour l'Environnement, Serge Le
Quéau, administrateur d'ATTAC, Gilles Bens, Directeur
technique de la LPO, Alain Thomas, Administrateur de Bretagne
Vivante, un journaliste de Ouest France Brest.
Propositions de la Commission européenne :
Pour répondre rapidement et fermement à la
catastrophe de l'Erika, la Commission européenne propose
au Parlement européen et au Conseil deux paquets de
mesures.
Le premier paquet comprend deux directives ou réforme
de directives et un règlement visant à interdire
rapidement les navires à simple coque.
La première directive vise à améliorer
l'efficacité des sociétés de classification
en donnant un agrément européen pour les meilleurs
d'entre elles. La suspension de l'agrément sera à
l'avenir possible. Par ailleurs en cas de fautes des sociétés
de classification, il est précisé qu'il y aura
une responsabilité illimitée. Cette réforme
semble bien acceptée par les pays membres.
Une meilleure coordination des contrôles exercés
par l'Etat de port semble plus difficile à accepter
par certains Etats européens. En principe, l'affrètement
de navires de plus de 15 ans d'âge ne sera plus possible
sans un contrôle annuel exigeant. Une liste noire des
navires ayant subi des avaries répétées
ou ayant été retenu plus deux fois dans un Etat
de port européen sera publiée régulièrement.
Cette liste noire est synonyme d'interdiction de navigation
dans les eaux européennes.
Enfin, il y aura peut être blocage pour le règlement
visant à supprimer les simples coques à échéances
de 2005.
La Commission européenne ne transigera pas sur ce
paquet. Elle souhaite impérativement que ce premier
paquet soit accepté dans son intégralité.
Un deuxième paquet de mesures est prévu au
cours du deuxième semestre 2000. A priori, ce 2ème
paquet devrait s'inspirer de la législation américaine.
Si il existe un danger pour un pays membre, l'administration
du pays pourrait intervenir dans les 200 miles de la ZEE.
Seront concernées par cette mesure les façades
atlantique et méditerranéenne dans une moindre
largeur.
La démarche est avant tout communautaire même
s'il est possible de mener une démarche parallèle
dans le cadre de l'OMI. La thèse de la Commission européenne
est qu'il ne faut pas attendre un accord mondial pour agir
en préalable au niveau européen. La manque de
cour de justice mondiale rend par ailleurs toute convention
particulièrement difficile à mettre en uvre
et à faire appliquer.
Assurance :
Pour l'heure, les assurances sont limitées par un
plafond et le remboursement du FIPOL est une sorte d'assurance
préventive. Mais en cas de faute avérée,
ce système limité devient illimité. S'il
n'est pas possible dans des délais décents de
réformer profondément le FIPOL, i faudra réfléchir
à un autre moyen d'indemnisation ne s'apparentant plus
à un droit de permis à polluer.
Agence européenne maritime :
Au-delà de la question des gardes-côtes semblant
difficiles à mettre en uvre rapidement, il est
possible de créer une agence européenne maritime
visant à contrôler les contrôleurs et former
les différents inspecteurs des Etats de port. L'administration
de la DG Transports serait mise à contribution pour
cette agence européenne maritime.
Il est aussi possible que cette agence européenne
est la charge de collecter des informations provenant de sources
diverses (sociétés de classification, vetting,
Etat du Pavillon, Etat de port, assurance
). Il est question
d'une certaine mutualisation de la propriété
intellectuelle pour obtenir un " photo " de la qualité
d'un bateau à un instant donné.
Modalités de votes du premier paquet proposé
par la Commission européenne
Le parlement va se saisir de cette question très rapidement
à la rentrée, notamment la commission "
transports " (octobre / novembre) et la commission environnement
pour avis. A priori, la plénière du Parlement
européen devrait accueillir favorablement ces deux
directives et ce règlement. Le Conseil risque d'être
hostile à certains partis de ce premier paquet. L'Angleterre
et la Grèce sont extrêmement réservées.
L'Allemagne connaît des différences d'approches,
notamment entre le ministre des affaires étrangères
et le ministre des transports plus réticent.
La Commission européenne espère qu'un accord
sera trouvé sous Présidence française
en première lecture évitant de fait une deuxième
lecture aléatoire devant le Parlement européen.
Si un accord n'intervient pas, la Présidence suédoise
aura la charge d'arriver à un accord.
Pour le deuxième paquet, trois nouvelles propositions
de réformes seront débattues (zone des 200 miles
)
au Conseil européen des ministres européens
des transports et de l'environnement de Biarritz puis plus
largement à Nice pour un accord politique global. Un
document préparatoire sera rédigé par
la Commission européenne pour Biarritz.

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