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La catastrophe de l'Erika a entraîné l'adoption
par l'Union européenne du paquet Erika1 puis du paquet
Erika2. Ces mesures réglementaires et législatives
buttent sur la résistance de certains pays maritimes
comme le Royaume Uni, la Grèce ou Malte. Elles buttent
aussi sur le manque de moyens mis en uvre pour appliquer
ces nouvelles mesures. Les délais imparties pour la
suppression des navires à simple coque sont inacceptables
quant on connaît les risques encourus. Ces délais
sont fixés dans le seul but de limiter l'impact économique...
au dépend des gens de Mer, des populations littorales
et de l'environnement !
Pourtant, bien que le cadre européen soit nécessaire,
il n'est pas une fin en soi. Notre planète est une.
Les démarches régionales mènent finalement
à reporter les risques sur d'autres grandes régions
du globe. Interdire les navires à simple coque sur
les côtes européennes rajeunira globalement la
flotte mondiale mais rejettera en dehors de la zone Europe
les navires à simple coque de plus de 25 ans d'âge.
Agir localement n'empêche nullement d'agir globalement.
Il existe donc une impérieuse nécessité
à légiférer au niveau mondial. L'Organisation
Maritime International (OMI) est l'instance censée
réguler et édicter une réglementation
visant à sécuriser les transports de marchandises
par voie maritime. Le fait est que cette organisation ne joue
pas son rôle. Les modalités de vote au sein de
l'OMI génèrent des blocages récurrents.
L'OMI ne reconnaît pas le schéma d'expression
démocratique classique "Un pays = Une voix"
mais au contraire évalue le poids de chaque pays au
pourcentage de leur flotte mondiale pour établir les
procédures de vote. Ainsi des pays comme la Grèce,
Malte, le Liberia et d'autres pays dont l'administration maritime
est relativement réduite pèsent d'un poids totalement
disproportionné sur toutes dispositions tendant à
réglementer le transport maritime international.
Les pavillons de complaisance sont certes générateurs
d'un risque accru mais une politique de dilution des responsabilités
a conduit à l'irresponsabilité généralisée.
Partant d'une situation relativement lisible avec un affréteur
propriétaire de ses pétroliers assurant lui
même un autocontrôle exigeant, nous aboutissons
quelques années plus tard à une situation inextricable
où l'affréteur n'est même plus le destinataire
de la cargaison, l'armateur s'effaçant derrière
une multitude de sociétés écran à
responsabilité limitée, des sociétés
de classification soumises à des pressions de leurs
clients contrôlés et finalement un Etat de complaisance
possédant une flotte sans être à même
d'assurer le moindre contrôle.
Face à cet état de fait, il existe deux possibilités.
Réformer l'OMI en limitant l'influence des pays de
complaisance en adoptant des procédures de vote garantissant
une juste représentation des pays ou/et démêler
les responsabilités afin de cerner les responsables.
Pour cela, il est nécessaire de s'appuyer sur un territoire.
Le droit maritime à ceci de particulier qu'il est régi
par des lois supranationales dès lors qu'un navire
quitte la zone limitrophe des 200 miles marins. Une politique
ultra-libérale a totalement déstructuré
les quelques dispositions contraignantes en adoptant un moins
disant environnemental et social par le biais des pavillons
de complaisance. A cet égard, plus personne ne connaît
le point d'acheminement d'un navire et ce même plusieurs
jours après son départ. Plusieurs solutions
s'offrent à nous pour réinstaurer une transparence
absolument nécessaire pour mener des contrôles
ciblés.
PROPOSITIONS
1. L'armateur reconnu par l'OMI doit avoir un siège
social précisément défini assuré
à hauteur des dommages potentiels qu'il peut faire
courir à l'environnement et doit être à
même de fournir une destination finale avant de partir.
2. L'Etat de port dans lequel le navire effectue son chargement
délivre le permis de navigation et est considéré
comme responsable de la salubrité du navire. Le point
de départ est en effet le seul élément
tangible qui ne pourrait être dilué dans l'irresponsabilité
ambiante. En cas de naufrage, le Pays ayant autorisé
le départ du navire est considéré comme
le responsable. Une réglementation, pour entrer en
application, doit reposer sur un territoire. Le règne
de l'informel aboutit régulièrement à
des catastrophes. En instaurant ce nouveau droit contraignant,
il est possible d'effacer les disparités nées
des pavillons de complaisance.
3. Pour instaurer cette responsabilité inversée,
chaque Etat doit se doter d'une administration compétente
ainsi que d'un nombre suffisant d'inspecteurs suppléant
le jeu relativement malsain des sociétés de
classification. Le contrôle est un domaine régalien
et ne peut être mis en concurrence, surtout lorsque
le contrôlé est aussi le client.
4. Les modifications proposées ne pourront avoir lieu
qu'à la suite d'une réforme de l'OMI et de ses
procédures de vote ultra-libérales pour aller
vers une reconnaissance de la procédure " Un pays
= Une voix ".
5. Au niveau européen, création d'un corps
de garde-côtes européens, extension de la zone
de contrôle en mer jusqu'à la limite de la zone
exclusive des 200 miles.

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