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Madame Mireille FERRI
Déléguée Générale
Agir pour l'Environnement
97 rue Pelleport
75020 Paris
Cagnes sur Mer,
le 21 octobrer 2002
Madame,
J'ai bien reçu votre courrier par laquel vous me faites
part de votre souhait d'une conférenc de citoyens relative
aux antennes relais de téléphonie mobile et
vous en remercie.
J'ai pris note de cette initiative et puis vous assurer de
mon soutien.
Je vous adresse copie de la Proposition de loi que j'ai déposé
à l'Assemblée nationale visant à réglementer
l'installation des antennes relais et je serais heureux que
vous puissiez m'apporter vos réflexions sur celle-ci.
Vous remerciant, je vous prie de croire, Madame, à
l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
Lionnel LUCA
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PROPOSITION DE LOI
Lionnel LUCA
Visant à réglementer l'installation d'antennes
de téléphonie mobile dans notre pays
Aujourd'hui le portable est un élément de notre
vie quotidienne, un français sur deux possède
un téléphone mobile. Pour ces 36 millions de
portables, on compte quelques 35000 antennes ou stations de
base. On a pu ainsi observer l'installation d'un grand nombre
d'antennes sur des pylônes, des édifices publics
et, en ville, sur des immeubles, venant s'ajouter aux antennes
des stations de radiodiffusion, de télévision
et de radios professionnelles. Les riverains s'inquiètent
des conséquences éventuelles pour leur santé,
mais aussi des nuisances visuelles qu'elles constituent, au
moment où de plus en plus de réseaux électriques
sont enterrés.
La loi du 2 février 1995 relative à la protection
de l'environnement a inscrit pour la première fois
le principe de précaution en rappelant qu'en l'absence
de certitude, compte tenu de l'état des connaissances
scientifiques et techniques actuelles, doit conduire à
l'adoption de mesures proportionnées.
Les diverses études scientifiques disponibles sur
les effets de rayonnement émis par les antennes relais
ne permettent pas d'apaiser les craintes de plus en plus nombreuses
de concitoyens réunis au sein d'associations, également
des élus locaux tels les Maires de communes de plus
en plus concernés.
Au nom du principe de précaution, un certain consensus
s'est établi pour que des dispositions législatives
viennent préciser, dès à présent,
des principes essentiels quant à l'information du public,
les conditions d'implantation des antennes relais de téléphonie
mobile.
Actuellement, les normes d'exposition tolérées
diffèrent d'un pays à l'autre. En France c'était
la recommandation du Conseil européen du 12 juillet
1999 qui servait de référence, or elle a été
remise en cause par un décret en date du 5 mai 2002
huit ministres fixent les valeurs limites d'exposition du
public aux champs électromagnétiques, 41 ou
58 volts par mètre selon les fréquences au lieu
de 1 volt par mètre comme le préconise l'Organisation
Mondiale de la Santé que les Etats sont libres de viser
un niveau plus élevé de protection de la santé,
et c'est ce qu'ont fait la plupart des pays européens
qui ont pris des dispositions plus prudentes. Ainsi l'Italie
et la Belgique ont fixé la limite autorisée
à 6 volts par mètre. Ainsi le périmètre
de sécurité autour des stations de radiofréquences
est d'environ 20 mètres face à l'antenne en
Italie ou 30 mètres en Belgique ou en Espagne et il
n'est que de l'ordre de 2 mètres en France.
Eriger un pylône ou une structure porteuse pour l'installation
d'une antenne est considéré comme une construction.
Elle est réglée par la demande classique d'un
permis de bâtir et l'autorisation qui en découle.
Pour l'antenne, aucun permis n'est exigé mais seulement
une information à la Mairie de la commune concernée.
Si bien que les antennes sont placées par l'opérateur
avec une plus grande facilité que pour n'importe quel
particulier qui entreprend de réaliser un cabanon de
jardin. Ainsi, la procédure dont dispose les maires
a posteriori pour s'opposer à l'implantation d'antennes
est inexistante.
L'opérateur de téléphonie mobile devrait
être tenu d'effectuer une déclaration de travaux
qui permettrait à la commission municipale d'exprimer
un avis ainsi que les différents partenaires des services
de l'Etat, tels par exemple l'Architecte des bâtiments
de France ; ainsi le Maire serait a priori et obligatoirement
consulté pour autoriser cette implantation.
Cette proposition de loi doit permettre de protéger
les particuliers de l'implantation des antennes relais de
téléphonie mobile. Ainsi de nombreuses copropriétés
sont sollicitées par des sociétés de
téléphonie mobile pour concéder une partie
de leur toit, terrasse, voir façade afin d'installer
les équipements de relais téléphoniques.
La présente proposition de loi vise à encadrer
les baux afin de garantir aux propriétaires et aux
locataires la prise en compte des risques auxquels ils sont
soumis. Il s'agit notamment de limiter les clauses exorbitants
telles que la durée des baux à trente ans et
l'absence de signalisation précise des équipements.
Tel est l'objet de cette proposition de loi.
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ARTICLE 1ER
Le périmètre de sécurité autour
des stations de radiofréquences est de 20 mètres
minimum et les normes d'exposition tolérées
sont fixées à 6 volts par mètre.
La notion de zones de protection pour les habitations sera
définie par décret, dans le respect du principe
de précaution et des zones excluant toute implantation
d'antennes relais de téléphonie mobile à
proximité des établissements scolaires, des
crèches et des établissements hospitaliers et
de retraite sont également définis par décret.
ARTICLE 2
Toute installation émettrice, antenne de téléphonie
mobile ne peut être réalisée sans qu'au
préalable une déclaration de travaux aux services
d'urbanisme de la commune concernée ne soit faite.
Les communes définissent les emplacements réservés
à l'implantation des antennes relaisde téléphonie
mobile.
ARTICLE 3
Dans le bail conclu entre l'opérateur doit être
mentionné l'emplacement exact des équipements,
leur description en annexe et doit être renouvelée
lors de chaque modification.
La durée d'un bail est limité à 10 ans
renouvelable, et en tout état de cause soumis à
l'approbation des copropriétaires pour chaque modification.
L'ensemble des propriétaires et des locataires doivent
être informés au moins un mois à l'avance
de la mise en fonctionnement des antennes relais de téléphonie
mobile par courrier et par lettre.

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