Paris, le
12 décembre 05
A l’attention de Madame Nelly OLIN
Ministre de l’Ecologie
et du Développement Durable
Madame la Ministre,
Selon une information de l’Agence France Presse datée
du 02 décembre, la France, à l’occasion
du dernier conseil européen des ministres de l’environnement,
aurait émis un vote favorable à l’introduction
du maïs transgénique MON863 commercialisé par
la société Monsanto. Une majorité qualifiée
d’Etats membres n’ayant pu être dégagée
en faveur ou en défaveur de cette autorisation, la
décision ultime en revient donc à la Commission
européenne qui, une nouvelle fois, ne manquera pas
de l’autoriser dans l’ensemble des pays européens.
Alors que 38 régions européennes ont fait
part de leur hostilité à l’égard
de cette technologie, que la Suisse vient d’adopter,
par voix référendaire, un moratoire de 5 ans
sur les cultures d’organismes génétiquement
modifiés, que l’Autriche, qui prendra la présidence
de l’Union européenne, annonce une grande réunion
visant à réformer la législation européenne,
part trop favorable aux OGM, la France, sous votre impulsion,
semble accepter la culture d’organismes génétiquement
modifiés, alors même que la directive 2001/18
n’a toujours pas été transposée
en droit français.
Agir pour l'Environnement tient à vous exprimer
sa perplexité à l’égard d’une
stratégie française à géométrie
variable privilégiant la dissémination incontrôlée
de constructions génétiques à la mise
en œuvre de la nécessaire transparence, d’une
biosécurité et d’une responsabilisation
pleine et entière de la filière OGM.
Alors que
la société Monsanto est régulièrement
mise en cause pour son manque de coopération dans
la mise à disposition de l’intégralité de
l’information scientifique dont elle a connaissance,
la France donne un blanc-sain à ce maïs transgénique
sans évaluation contradictoire sérieuse.
Si l’information rapportée par l’AFP
se révélait exacte, elle marquerait un changement
radical de la posture française à l’égard
des OGM ; changement d’autant plus inquiétant
qu’il précèderait l’adoption de
la loi sur les OGM défendue par le Ministère
de la Recherche.
L’objet du présent courrier est donc d’obtenir
confirmation ou infirmation du contenu de la dépêche
AFP ci-jointe. Nous serions également heureux de connaître
les raisons qui ont amené la France à accepter
ce nouveau maïs transgénique, dont l’évaluation
scientifique est sujette à caution.
Dans l’attente d’une réponse de votre
part, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre,
l’expression de nos considérations distinguées.
Monsieur Stéphen KERCKHOVE,
Délégué général

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